Fondation Hirondelle Au Mali, Studio Tamani contribue à son échelle à la réconciliation

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vendredi 4 juillet 2014 17:41

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Fondé en août 2013 dans un Mali en proie à d'importantes tensions, Studio Tamani est l'un des derniers bébés de la Fondation Hirondelle. Chaque jour, la structure propose des émissions d'information à ses 24 radios partenaires présentes sur sol malien et dans lesquelles les forces en opposition peuvent débattre.

"Notre mission? Donner de la place à toutes les voix du Mali. Etre pluriel afin de contribuer à la paix, à la réconciliation nationale". Présent jeudi à Lausanne à la Fondation Hirondelle, Souleymane Kenza Sidibe est l'adjoint du rédacteur en chef de Studio Tamani, à Bamako. Interrogé sur le travail accompli par son équipe cette dernière année, il ne cache pas sa fierté.
"Chaque jour, nous proposons un programme radiophonique de deux heures à différentes radios du pays avec des journaux d'information en cinq langues". L'émission comprend aussi un long débat où différents acteurs peuvent échanger et où les journalistes ont pu donner la parole à des rebelles comme à des ministres. "Chose rare", souligne Souleymane Kenza Sidibe.
Le temps au temps
De l'avis du rédacteur en chef adjoint et de Nicolas Boissez, chargé de programme au siège lausannois, l'expérience a permis et permet de contribuer au dialogue. Un dialogue d'autant plus important que 2013 a été une année dense sur le plan politico-militaire au Mali, provoquant interrogations, inquiétudes et parfois radicalisation au sein des populations.
En janvier 2013, la France est intervenue militairement dans ce pays de l'Afrique de l'Ouest, appuyée par l'armée nationale afin de faire face à la menace d'avancement des forces islamistes vers le Sud. Quelques mois plus tard, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation s'est déployée dans la région reprenant partiellement le relais des troupes de l'Hexagone. Et depuis le 11 août, le pays a un nouveau président en la personne d'Ibrahim Boubacar Keïta.
Situation fragile
S'il reconnaît que la situation est dans l'ensemble plus calme au Mali qu'il y a une année, Nicolas Boissez ne se voile pas la face. "Le pays reste fragile, notamment en raison du conflit au Nord. C'est un processus qui va prendre du temps et c'est pourquoi nous souhaitons inscrire la présence de ce studio dans la durée".
A la fin de la première phase du projet, soit en fin d'année, il espère bien compter 60 radios partenaires. "Et pour 2015, nous avons deux ambitions: développer la production à trois voire quatre heures quotidiennes, et occuper le terrain du multimédia avec la télévision, internet et les réseaux sociaux ainsi que les téléphones mobiles".
Pour mener tout cela à bien, Studio Tamani peut aujourd'hui compter sur 20 journalistes à Bamako et sur un réseau de correspondants de ses radios partenaires à travers le pays. Son budget pour ses 18 premiers mois atteint 2,4 millions d'euros (2,9 millions de francs suisses) dont 50% proviennent de l'Union européenne. Le Royaume-Uni, l'Allemagne, le PNUD et la fondation Ford ont aussi mis la main au porte-monnaie.


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