×

Avertissement

JUser::_load : impossible de charger l'utilisateur ayant l'ID 229

François Hollande : « le terrorisme est installé au Mali même s'il a été abîmé, attaqué »

Catégorie

Studio Tamani : Toutes les voix du Mali : articles, journaux et débats en podcast

Publication

vendredi 25 octobre 2013 17:45

Affichage

1586

24 h après l'annonce de l'opération Hydre le Président français a indiqué ce vendredi, que celle ci avait pour objectif la lutte contre le terrorisme et la bonne tenue des élections législatives. "Nous n'avons jamais prétendu que notre intervention allait faire disparaître le terrorisme dans la région", a déclaré le chef de l'État lors d'une conférence de presse en marge du sommet Européen de Bruxelles.

François Hollande a ainsi reconnu que le terrorisme "est installé" au Mali, "au sud de la Libye, sans doute encore au nord du Niger et au sud de l'Algérie" . Pour le président Français "il n'a pas été vaincu par la seule intervention française au Mali" même s'il "a été abîmé, attaqué", a-t-il souligné.
Le président Français a rappelé d'ailleurs que "la meilleure preuve » de la résistance du terrorisme, « c'est qu'il y a eu ces derniers jours des attaques kamikazes qui ont fait plusieurs victimes, notamment du côté des forces tchadiennes"
«J'ai donc décidé » a confirmé le président Hollande, « qu'il y aurait, avec les forces françaises encore présentes au Mali, plus de 2 500 hommes avec les forces armées maliennes, une opération pour lutter contre les groupes qui avaient attaqué Tessalit».
Si «l'objectif des terroristes est d'essayer de perturber les élections législatives qui doivent se tenir dans quelques semaines, » a-t-il indiqué, «nous faisons en sorte que ces élections puissent être organisées en sécurité», a-t-il insisté. «Après, nous aurons à diminuer notre présence et à faire en sorte que la mission des forces des Nations unies puisse prendre le relais».

« La guerre est derrière nous »

Le Ministre français de la défense est revenu dans la journée sur l'opération en cours au Mali. Cette opération vise à « dissuader toute tentative de recomposition »des groupes jihadistes. Jean Yves Le Drian a estimé que « nous sommes dans une situation nouvelle, la guerre est derrière nous. Là il s'agit d'opérations contre-terroristes ». L'option française aujourd'hui est de mettre en place « un contre-terrorisme pour dissuader toute tentative de recomposition de petits groupes qui voudraient revenir sur les errements passés.

Éviter la résurgence des groupes terroristes
Depuis dimanche, 1.500 soldats français, maliens et onusiens (la Minusma), participent à l'opération militaire d'envergure "Hydre" au nord et au sud de la boucle du Niger. Elle intervient alors que les attaques jihadistes se sont multipliées ces trois dernières semaines. La dernière s'est déroulée mercredi 23 octobre. Elle s'est soldée par la mort de deux soldats tchadiens à Tessalit au nord de Kidal. L'opération Hydre a pour objectif d'éviter la « résurgence de mouvements terroristes ».
Jeudi le colonel Gilles Jaron porte parole de l'état major des armées françaises a annoncé que la France avait "engagé, avec l'armée malienne et la Minusma (Force de l'ONU au Mali), une opération de grande ampleur au nord et au sud de la boucle du Niger".
Pour le porte parole militaire "c'est la première fois que nous voyons travailler ensemble des volumes de force importants", associant les trois parties à parts égales. Selon l'officier, français, maliens et forces de l'ONU ont engagé un bataillon, soit de 500 à 700 hommes chacun, dans cette opération.
Redonner la quiétude aux populations

Pour le Colonel Major Abdoulaye Coulibaly, commandant de l'opération MALIBA qui couvre les régions Nord, l'opération Hydre va permettre « d'affirmer la présence malienne dans certaines localités et de nettoyer ces zones des portions de jihadistes encore présentes ». Sont concernées sur le terrain les zones du Gourma et le Haoussa, situés de part et d'autre du fleuve Niger dans la région de Gao. « Dans ces zones là, les localités concernées, entre autres, sont l'axe Doro Gossi Rarouss, l'axe Gao Bourem » . Selon le colonel Major Abdoulaye Coulibaly « il y aura une concentration des forces dans le Gourma, notament vers N'Tira, N'tadeni, Bamba, Tera ».
Selon les autorités militaires « les jihadistes font mouvement entre les deux rives du fleuve et cette vaste opération vise à y mettre fin pour permettre aux populations de vivre dans la quiétude ».
Dans une interview au Nouvel Observateur de cette semaine, Mathieu Guidère, spécialiste des mouvements terroristes estime, à propos de l'opération Hydre, que « les moyens qui ont été mis en place sont considérables, c'est une opération de ratissage très importante avec plus de 1.000 hommes, des forces spéciales, des commandos... La France reproduit la stratégie qu'elle a menée dans le massif des Ifoghas quand elle est partie à la recherche d'armement pour les détruire. De ce point de vue là, c'est très utile. En revanche, ce n'est pas possible d'éradiquer complètement le problème, puisque les deux sources de motivations des combattants ne se sont pas taries : le problème touareg et la question de leur autonomie n'est pas réglée et la présence de troupes étrangères au nord du Mali va constituer sur le long terme une source de recrutement. Il faut rappeler que la présence de l'armée malienne était déjà perçue comme une force d'occupation, alors imaginez le ressentiment que cela peut produire lorsqu'il s'agit d'une présence étrangère... »