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«Bilan important» selon l'état major français de l'opération au nord de Tombouctou

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Studio Tamani : Toutes les voix du Mali : articles, journaux et débats en podcast

Publication

mercredi 11 décembre 2013 19:00

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Les forces françaises ont tué 19 combattants islamistes dans la région de Tombouctou, dans le nord du Mali. Les affrontements ont eu lieu sur la route de Taoudenit . Les opérations de la force Serval se poursuivent. L'armée française évoque «un bilan important » Un officier malien a précisé que les soldats français, appuyés par des blindés et par l'aviation, avaient lancé des opérations dans la région il y a une semaine. Cela a permis de localiser des positions rebelles et des caches d'armes. Des caravaniers qui ont traversé la zone des combats ont rapporté qu'ils avaient vu 19 corps et des armes près de carcasses de véhicules détruits à Arawane, à 250 km au nord de la ville. Preuve de l'intensité de l'opération un habitant de la région rapporte que « depuis quatre jours, les appareils français vont et viennent au-dessus de nos têtes, sans arrêt ».

Pendant que la force serval traque les groupes islamistes les militaires maliens viennent en aide aux populations de Ber et Zohoro. Ces deux localités sont loin des structures de santé de Tombouctou. Les forces maliennes ont distribué des médicaments et de la nourriture aux 300 habitants de ces zones. Le colonel Saiba Sogoba adjoint au chef des opérations militaires à Tombouctou détaille l'intervention de ses hommes.«On a soigné gratuitement la population de Ber et de Zohoro avec des médicaments. On a donné des biscuits et des sardines à plusieurs certaines de personnes» Derrière l'aspect humanitaire de cette opération il y a aussi une volonté de réduire la distance qui existe aujourd'hui entre les forces armées et les population. «Sans cette population» rappelle le colonel Saïba Sogoba , «nous ne disposons pas d'informations fiables, et sans cette population nous ne pouvons pas agir. C'est elle qui constitue nos yeux et nos bras sur le terrain». Le colonel revient sur le résultats de sa mission à Zohoro « notre médecin a pu sauver une vie celle d'une fillette de 8 ans qui allait mourir si nous étions pas arrivé à temps. Dieu merci le médecin avec son équipe et leur compétence ont permis de sauver la vie de la petite fille».

Entretien avec Hubert de Quievrecourt responsable de la communication de l'opération serval.

Question Studio Tamani: On parle de 19 jihadistes tués. Est-ce qu'on peut faire un premier bilan?
Hubert de Quievrecourt: «Je pense qu'il faut être prudent sur les bilans, d' autant plus que les opérations sont en cours. Vous comprendrez que pour protéger nos soldats qui sont présents sur le terrain, moins on en a dit mieux c'est pour leur sécurité. L'opération se déroule sur une vaste zone dans laquelle on rencontre un nombre conséquent de terroristes. On en a tué un certain nombre. Le chiffre de 19 circule en ce moment . Je ne le commenterai pas parce que ce n'est pas dans nos habitudes d'afficher un tableau de chasse . Ce que nous recherchons c'est de désorganiser les réseaux des groupes terroristes, les frapper au cœur notamment dans leur logistique.
Ce la dit, on peut comparer le Mali du 10 janvier 2012 à ce qu'il est aujourd'hui. De ce point de vue je pense que le bilan est fameux. C'est sur la durée de l'opération qu'on peut juger de son efficacité. Sur ce plan , vous me permettrez d'être discret . Les opérations ne sont jamais faciles. Une opération militaire est toujours compliquée, Elle doit se préparer. A l'échelle d'un pays, grand comme le le Mali , où le climat peut être rude, où il y a des problèmes de logistique, d'eau, le désert , tout cela est extrêmement compliqué. La situation est aussi compliquée pour les terroristes , même s'ils sont plus habitués que nous au désert.Il n'empêche que eux aussi ont des faiblesses, eux aussi ont besoin d'avoir des apports logistiques, du carburant, des munitions de l'eau. Donc oui ce sont des opérations compliquées qui doivent être menées jusqu'au bout pour frapper au cœur les terroristes notamment leur logistique.

Question Studio Tamani: Pourquoi la force Serval agit-elle seule?
Hubert de Quievrecourt: « Je pense qu'il faut que chacun joue son rôle . Nous, force serval , nous avons un rôle de 3eme rideau autour des élections. A certains moments on demande à nos camarades maliens et ceux de la MINUSMA de mener des opérations ensembles , c'était le cas de l'opération hydre, et ça s'est très bien passé. Il y a d'autres moments, il faut savoir laisser nos camarades se concentrer sur leur mission prioritaire, et de notre côté à continuer a jouer notre rôle, seuls. Je pense que c'est en combinant des opérations en commun et des opérations seuls qu on arrivera au résultat escompté »
Question studio Tamani: La MINUSMA est-elle présente sur le théâtre des opérations ?
Hubert de Quievrecourt: « La MINUSMA est présente dans la zone mais elle mène ses opérations, et de notre côté nous menons les nôtres. On se concerte, on se parle mais clairement actuellement, ce n'est pas une opération en commun. Les opérations que nous menons parallèlement sont de toute les façon complémentaires.
Question Studio Tamani : Peut-on tirer un bilan global depuis un an de l'opération serval ?
Hubert de Quievrecourt : « Oui. Je pense que si on regarde le Mali il y a un an on constate qu' il y avait deux pays. Un au sud, et un autre au nord. Il y avait une séparation entre les deux .Aujourd'hui cette séparation n'existe plus. Les groupes terroristes ne sont plus capable de faire ce qu'ils ont fait il y a un an. Il y a un changement et un vrai progrès. Cela , on le doit aux maliens d'abord, on le doit aux soldats français , on le doit aux soldats africains des Nations Unies qui sont venus se battre aux cotés des soldats français. On a souvent parlé des soldats tchadiens mais ils ne sont pas les seuls à qui il faut rendre hommage . Il y a aussi les soldats de l'Union Européenne qui sont venus pour former l'armée malienne . Quand on considère tout cela c'est un bon bilan. Maintenant la question que vous allez certainement poser et à laquelle je m'empresse de répondre tout de suite. Est-ce terminé ? Si c'était terminé on ne serait plus là. Donc si on est là, c'est qu'il reste encore des choses à faire. Nous continuons à traquer des terroristes, à les neutraliser lorsqu'on peut, et à former l'armée malienne ».
Question Studio Tamani: Comment s'organise les coordination entre les différents forces et celles de la sous région ?
Hubert de Quievrecourt: «Je crois que c'est indispensable. Personne ne peut faire une guerre tout seul. Si on veut que l'armée malienne et les armées des pays voisins mènent leurs actions de façon autonome, il va falloir effectivement que tout ça soit coordonné. Que ce soit préparé. Même quand l'armée malienne mènera sa guerre seule lorsqu'on sera tous parti. Pour l'instant effectivement il y a une coordination importante qu'il faut encore développer. A propos de la coopération régionale j'évoquais tout à l'heure l'opération hydre . C'est le symbole de cette coopération Elle existe déjà. On discute, on se rencontre, on planifie, on prépare nos actions avec les pays . Cette collaboration est appelée effectivement, à grandir et il faudra peut être un peu plus de temps. Il sera nécessaire de travailler sur cette question, et demander à chacune de ces armées de quelle manière elles souhaitent s'impliquer dans cette lutte, qui est une lutte absolument fondamentale .
Question Studio Tamani: Les opérations conjointes menées avec les forces africaines de la sous région, constituent-elle le noyau d'une future force d'intervention africaine.
Hubert de Quievrecourt: «Vous savez les européens travaillent depuis des années à la création d'une armée commune. Il faut poser cette question aux africains. C'est une bonne question que les africains doivent se poser. Moi qui suis soldat, je dirais que ce ne sera pas encore pour l'année prochaine».