17 accords de coopération ont été signés entre le Mali et le Maroc

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vendredi 21 février 2014 16:41

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Le Mali est le 3eme partenaire économique du Maroc après la France et l'Espagne. La visite du roi a permis de signer 17 accords de coopération.
L'émission "Grand Dialogue" a été consacrée jeudi aux enjeux de la visite du roi chérifien. Chieckna Bounajim Cisse économiste a analysé la signature de ces 17 conventions de coopération.

"Le Maroc aujourd'hui a un leadersheap à faire valoir sur le plan économique et financier. L'économie Marocaine repose sur trois piliers essentiels. Il y l'agriculture, les services, notamment le système bancaire et les assurances, et le tourisme.Voilà l'essentiel.
Le Maroc n'a pas de pétrole, le Maroc n'a pas d'or. Le Maroc essaye de faire en sorte que ses entreprises puissent avoir des relais de croissance au sud du Sahara. Il ne faut pas oublier que l'Afrique sub-saharienne ne représente même pas 2% des échanges commerciaux du Maroc. C'est à dire que l'essentiel des échanges du Maroc se fait avec le bassin méditerrannéen au nord, notamment avec l'Europe et puis les Etats Unis. Donc l'Afrique a été délaissée. C'est pour cela que la délégation qui accompagne le souverain marocain, est forte d'une centaine de personnes.
Pour une bonne compréhension il faut savoir quels sont les acteurs qui évoluent sur le marché économique malien.
Dans le secteur bancaire, il y a trois mastodontes. Vous avez Attijawarfabank qui fait partie de la holding royale, cela n'a pas échappé aux uns et aux autres, et qui aujourd'hui, effectivement, est le septième groupe bancaire de l'Afrique, hors effectivement les cinq plus grands de l'Afrique du Sud et de l'Egypte.
Vous avez en deuxième position la banque populaire, le réseau de la Banque atlantique qui, depuis 2012 a mis un pied au Mali. Et pui vous avez la BMCE bank de Sir Ousmane Ben Jelloul, comme on l'appelle si affectueusement, et qui contrôle le groupe Bank Of Africa. Ces trois banques contrôlent aujourd'hui 26% du marché bancaire de l'UEMOA. Au niveau du Mali cela représente v 45% du marché bancaire . Qui détient aujourd'hui les rênes de la bourse, détient l'économie?
Je vais me permettre de reprendre une belle phrase de Francis Copola qui disait que "si la finance est une arme, la politique c'est l'art de savoir quand il faut tirer". Je peux vous assurer aujourd'hui, que le Maroc a décidé de tirer, et il va tirer fort.
Parlons maintenant des enjeux. Nous sommes pour la coopération, nous sommes tous sympathisants et membres de l'AMAMA (association Mali Maroc), mais nous sommes pour une diplomatie équilibrée. Les interêts des différentes parties dievnt être pris en compte.
Il y a deux risques qu'il faut éviter et qui risquent d'être payés très chers . Il faut que dès le départ, que nous puissons effectivement contribuer à la création de richesse.
Aujourd'hui 17 conventions qui ont été signées. Mais est-ce que ces 17 conventions concourrent à la création de richesse dans notre pays?

Cela pourrait créer de la richesse. Mais les économistes, ceux qui font l'apologie de la demande, savent qu'on ne peux pas développer une économie avec de la consommation. Il faut créer de la richesse.
On ne peux pas créer de la richesse avec le cultuel, on ne peux pas créer la richesse avec le culturel, on ne peux pas créer la richesse avec le social. Prenons l'exemple de la convention avec les hopitaux de Bamako, il faut aller les visiter, pour se rendre compte qu'on a pas les moyens de les entretenir, parce qu'on n'a pas suffisamment de richesse pour les entretenir.
C'est pour cela que j'ai parlé de co-localisation. Un terme employé par François Hollande . Cela veut dire que quand on prend un produit et qu'on prend la chaine de valeur, il faut que les parties puissent intervenir au niveau de la chaine de valeur. Je ne peux pas estimer aujourd'hui qu'elles peuvent être les repercussions de la vente des produits agricoles et des agrumes du Maroc sur notre agriculture ici, qui est déjà dans un stade très végétatif.
Deuxième élément c'est le secteur stratégique des télécommunications.
La SOTELMA aujourd'hui est une branche de Maroc-télécom. Si vous suivez bien l'actualité vous voyez qu'on a reporté la vente, la cession de Maroc-télécom à Iti-salat de la société Qatari.
Troisième élément c'est le secteur du transport. Souvent on l'oublie, c'est Royal Air Maroc qui s'est imposé comme un véritable acteur, et qui a crée un hub au niveau de Casablanca, sur toute l'Afrique.
Saham que peu de gens connaissent, contrôle le groupe Colina qui est un acteur essentiel du secteur des assurances.
Au niveau du secteur agricole, il y a l'Ocp qui est la société qui contrôle 50% de la production mondiale d'engrais phosphatés. Les deux tiers de la population active malienne sont employés dans le secteur rural, savent qu'aujourdhui il y a un vrai problème avec les engrais. L'Afrique consomme 1% des engrais du monde alors qu'elle dispose de 18% des terres cultivables.
Il y a le secteur des mines avec Managem qui fait partie de la holding royale SNI, qui aujourd'ui est un acteur incontournable au niveau des mines.
Il y a le secteur des bâtiments. Dans les conventions qui ont été annoncées, à l'image de ce qui a été fait en Côte d'Ivoire, au Cameroun, au Gabon, on va créer une cimenterie au Mali.
Là, il faut voir toutes les implications que tout cela va avoir sur notre économie.
Il y a le secteur des laboratoires pharmaceutiques, notamment Sotema et Coper qui interviennent au niveau des structures sanitaires.
Tout le secteur de l'activité économique interesse le Royaume chérifien. C'est à nous de définir le dispositif dans lequel toutes les parties prenantes trouveront leur place , mais qui compteront valablement dans le cadre des relations équitables, équilibrées, et c'est très important".