5 mois après le double assassinat des journalistes de RFI les enquêtes sont au point mort

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Politique

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jeudi 27 mars 2014 16:27

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5 mois après, où en est l'enquête sur le double assassinat des journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon à Kidal . C'est la question que posent la famille et les proches de Ghislaine Dupont. Ils s'interrogent notamment sur la discrétion de la justice française. A ce stade l'enquête semble en panne en France et au Mali.

Depuis l'intervention des proches et de la famille de Ghislaine Dupont il y a deux jours, les choses commencent apparemment à bouger à Paris. Le parquet a annoncé qu'un juge va être désigné dans les semaines à venir pour enquêter sur les assassinats. Par ailleurs une demande d'entraide internationale a été adressée à la Minusma pour l'audition de fonctionnaires internationaux basés au Mali. Cette procédure va nécessiter la levée d'immunité de ces fonctionnaires au siège des Nations Unies à New-York. Au Mali l'enquête ne progresse pas et aucun juge n'a été pour l'instant désigné. Le dossier a été transmis au tribunal de première instance de la commune 3 de BamaKo. Il y a quelques jours, Pierre Yves Schneider, porte parole de l'association des amis de Ghislaine Dupont, a rencontré le cabinet du président IBK pour faire le point sur l'affaire et demander des explications sur la lenteur de l'enquête. Selon les responsables qu'il a pu rencontrer les retards des investigation sont liées aux difficultés dans la région de Kidal où les services de l'état ne sont toujours pas en place.

Inquiétude et colère c'est le sentiment partagé par les associations de journalistes au Mali . Le président de l'Association des éditeurs de presse du Mali, dénonce un manque de courage et de volonté politique à mettre la main sur les auteurs de ce crime crapuleux. Le président de l'ASSEP. Dramane Aliou Koné.
« Ca suscite chez nous à la fois inquiétude et révolte. Parce que dès les premières heures après le crime, les indices devraient nous permettre de repérer les éventuels coupables. Malheureusement, les informations que nous avons reçues auprès des enquêteurs, aussi bien maliens que français, laissent croire qu'il y a eu des manœuvres pour saboter l'enquête. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas en sécurité. Parce que tant que ces criminels vont continuer à courir, ils auront le courage de reproduire les mêmes crimes.
Nous sommes donc à la fois révoltés et inquiets, car de tels crimes contre des journalistes qui sont là pour remonter l'information vers le public, ne doivent pas rester impunis. Mais on sent qu'il n'y a pas beaucoup de courage et de volonté politiques pour tirer les choses au clair. Comme disait l'autre, « tant que l'impunité courera, les crimes vont demeurer et seront les règles du jeu ». Malheureusement, nous ne faisons que constater cette réalité. Nous devons aussi interpeller les autorités et la communauté internationale pour qu'on puisse définitivement régler le cas de Kidal, qui jusqu'à preuve du contraire, reste une zone qui échappe à tout contrôle ».


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