7 % de la population au Mali victime de l'esclavage.

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Société

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jeudi 10 avril 2014 16:16

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Les assises nationales contre l'esclavage au Mali ont débuté aujourd'hui à Bamako. Elle vont durer trois jours. Ce matin le ministre de la justice Mohamed Bathily a participé au lancement des travaux Cette rencontre réunit toutes les associations de lutte contre cette pratique. Des études estiment que plus 800.000 personnes en sont victimes au Mali.

L'esclavage est officiellement interdit au Mali, mais il est toujours omniprésent. Le constat est celui d' Ibrahim ag Idbaltanat, le président de TEMEDT une association qui lutte contre l'esclavage dans le pays. Selon Naffet Keïta, anthropologue à l'université de Bamako « il y a au moins 300 000 esclaves à part entière au Mali » . Mais, en incluant les descendants et les affranchis, le plus souvent méprisés », la question concernerait « plus de 850 000 personnes, soit près de 7 % de la population». L'universitaire a réussi a esquisser une géographie régionale de l'ampleur du problème : de 30 à 35 % de la population autour de Tombouctou, 30 % à Mopti , 20 % à Gao, de 12 % à 15 % à Kayes. Créée en 2006 par des militants et des notables originaires du Nord Mali, l'association TEMEDT revendique aujourd'hui 38.000 membres. Dans ses antennes à Gao, Kidal, Mopti, Ségou ou Sikasso des correspondants locaux mènent des campagnes de sensibilisation auprès des esclaves, mais également des chefs traditionnels. De son coté la Coalition de lutte contre l'esclavage par ascendance a décidé de décréter l'année 2014 année de l'action pour la criminalisation de la pratique de l'esclavage par ascendance. A ce jour le projet de loi n'a toujours pas été examiné. Actuellement cette pratique n'est pas spécifiquement qualifiée de criminelle. On ne peut déposer plainte que pour « privation de liberté » et « coups et blessures ».
Il existe un vide juridique pour la répression de la pratique de l'esclavage au Mali. Le constat est de Maître Amadou Tiéoulé Diarra, avocat au barreau malien, qui a beaucoup travaillé avec les associations de lutte contre la pratique de l'esclavage . Pour l'avocat, le projet de loi en perspective est un espoir, à condition qu'il soit accepté par les juges maliens. Issa Fakaba Sissoko a rencontré Amadou Tiéoulé Diarra :
« La question de fond est que la législation malienne ne permet pas une répression efficace de l'esclavage. Et c'est pour cette raison que sous le président Amadou Toumani Touré, une loi sur la traite des personnes et les pratiques analogues a été initiée. Il y a eu même un projet. Mais malheureusement ce projet est devenu loi sous la transition, c'est à dire sous le cabinet du ministre Malick Coulibaly.
C'est pour cette raison que TEMEDT a travaillé avec l'association du barreau américain pour trouver une loi type de répression de l'esclavage, comprenant 24 articles. C'est cette loi qui a été transmise au département de la justice, mais malheureusement qui n'a pas fait l'objet d'avant-projet.
Mais nous voyons aujourd'hui que le ministre de la justice a dit à la cérémonie, qu'il est disposé à ce que TEMEDT travaille avec son cabinet pour arriver à la rédaction d'un avant-projet. Ceci est un espoir, mais à condition que son application soit acceptée par les tribunaux maliens ».


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