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Le Président François Hollande a accueilli les otages

Les 4 otages français ont retrouvé leurs familles

24 heures après l'annonce de leur libération, les otages français sont arrivés à Paris ce mercredi matin après une escale à Niamey.
Les 4 otages ont retrouvé leurs familles et leur proches, après 3 ans de captivité.
De nombreuses questions à ce stade sont toujours sans réponses, notamment les négociations et les conditions de leur libération. Actuellement seules des hypothèses peuvent être envisagées.
Serge Daniel spécialiste de la région et auteur de « Aqmi, industrie de l'enlèvement » évoque les pistes qui peuvent expliquer l'issue positive des négociations entre les autorités françaises et les ravisseurs.
«En ce qui concerne Aqmi pour libérer les otages» dit Serge Daniel , « il y a trois conditions. La première consiste à demander la libération de jihadistes, d' islamistes, emprisonnés dans des pays voisins ou dans des pays européens». Ce n'est pas cette option qui a prévalue. « La 2ème condition aurait pu être une revendication d'ordre idéologique ou d'ordre politique, demander par exemple à la France de lever l'interdiction du voile dans les écoles. La 3ème condition est le payement d'une rançon». Pour Serge Daniel « la France a payé au moins 20 millions d'euros pour obtenir la libération de ses ressortissants».
Bertrand Monnet, professeur à l'EDHEC en management des risques à Lille, reconnaît que cette hypothèse est vraisemblable. «Dans ce genre d'affaires, l'argent est un déterminant essentiel des libérations. A l'origine, cette prise d'otage avait un objectif idéologique. En enlevant des salariés de deux des plus grosses entreprises du Cac 40 , Aqmi s'en est pris à la présence française dans la région. Mais ces groupes terroristes ont besoin de fonds pour financer leurs actes».
La libération des otages a mis l'accent sur l'action déterminante des autorités Nigériennes. Pour autant l'implication de responsables maliens a été essentielle selon le journaliste Serge Daniel qui rappelle que «les otages étaient retenus sur le territoire malien le nord du Mali constituant un entrepôt à otages». Selon lui « les otages ont été libérés dans la région de Kidal. Et il a fallu aller les chercher là bas pour pouvoir organiser leur rapatriement, donc les notables de Kidal ont joué un rôle important dans l'affaire. On ne peut donc pas dire que le Mali n'a pas joué un rôle ».
Les 4 otages français ont été retenus au Mali pendant 3 ans dans le nord du pays
La piste d'Ansar Dine n'est pas écartée. Abdoul Aziz Diallo expert en sécurité au Mali estime même que la libération pourrait porter la marque de Iyad ag Ghal le responsable d'Ansar Dine lui même .«Je ne peux pas être affirmatif mais je sais que la dernière fois il était mêlé aux négociations sur les otages ». Abdoul Aziz Diallo précise que « cette fois on parle des touaregs. Mais il faut attendre les prochains jours pour en savoir plus et confirmer cette hypothèse. Les otages ont été enlevés par Aqmi . L'intervention au Mali a fait que ces groupes ont été dispersés, anéantis. Certains chefs ont été tués. Et d'après ce que je sais les otages se sont retrouvés entre les mains d'une branche touareg d'Ansar Dine qui coopéraient en tout cas très étroitement avec les groupes terroristes».
Rappel des principaux développements depuis l'enlèvement en septembre 2010 à Arlit:
2010
- 16 sept: Sept personnes --cinq Français dont une femme, un Togolais et un Malgache-, pour l'essentiel des collaborateurs des groupes français Areva et Satom (filiale du groupe Vinci), sont enlevées à Arlit, site d'extraction d'uranium dans le nord du Niger.
- 21 sept: Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendique l'enlèvement des cinq Français.
- 24 sept: La France confirme être prête à "engager le contact à tout moment" avec Aqmi et affirme qu'une opération militaire n'est pas à l'ordre du jour.
- 30 sept: Aqmi met en ligne une photo des otages accompagnée d'un enregistrement audio.
2011
- 24 fév: La Française, le Togolais et le Malgache libérés "en territoire nigérien" (source sécuritaire à Niamey). Paris confirme leur libération. Quatre Français --Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret-- restent détenus.
- 21 mars: Aqmi réclame "au moins 90 millions d'euros" pour leur libération, demande rejetée par la France.
- 26 avr: Aqmi diffuse une vidéo contenant des messages des quatre otages, "suppliant" Nicolas Sarkozy de retirer les troupes françaises d'Afghanistan, demande immédiatement rejetée par Paris.
2012
- 8 sept : Un site privé mauritanien publie une vidéo tournée le 29 août montrant séparément les quatre otages, qui appellent à négocier pour leur libération.
- 8 déc : Le frère d'un des quatre otages s'adresse aux ravisseurs dans une vidéo, dans laquelle il affirme ne pas comprendre "pourquoi tout est bloqué".
- 17 déc : Les otages français sont "vivants" mais les tentatives pour leur libération sont "pour l'instant" restées vaines (Paris).
2013
- 11 mai : Le président nigérien Mahamadou Issoufou affirme que les otages sont vivants, tout en reconnaissant ignorer leur lieu de détention.
- 16 mai : François Hollande indique que la France est prête à reprendre tous les contacts, interrompus après l'intervention au Mali, pour favoriser leur libération.
- 21 juin : Le père et le frère d'un des otages annoncent avoir porté plainte pour enlèvement et séquestration, ainsi que pour mise en danger de la vie d'autrui.
- 22 juin : Aqmi affirme que les huit otages européens entre ses mains, dont cinq Français, sont "en vie".
- 25 juil : François Hollande confirme avoir des preuves de vie.
- 16 sept : L'agence d'information mauritanienne ANI affirme avoir reçu une vidéo des quatre Français, "visiblement en bonne santé" et appelant à "négocier leur libération".
- 19 sept : A Bamako, le président Hollande affirme s'être entretenu avec des dirigeants du Sahel à propos des otages, en vue de rechercher "les meilleurs contacts" pour "les retrouver".
- 24 oct : Des sources sécuritaires régionales à Gao (nord du Mali) font état de la présence d'émissaires dans le Sahel pour "accélérer les négociations en vue de la libération des otages français". La France dément formellement.
- 29 oct : François Hollande annonce la libération des quatre otages français. Les ministres Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Jean-Yves Le Drian (Défense) sont à Niamey.