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Bamako et Paris condamnent «les meurtres odieux» de Ghislaine Dupont et Claude Verlon

Catégorie

Politique

Publication

dimanche 3 novembre 2013 12:45

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24 heures après le double assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les circonstances de leur enlèvement et des évènements tragiques qui ont succédé, se précisent. Les différents témoignages à commencer par celui dont rend compte RFI sur son site, font état du moment où les deux journalistes ont été enlevés et les enchaînements dramatiques qui ont suivi.

 

Selon RFI qui préparait une opération spéciale cette semaine à Bamako, les journalistes «venaient à peine de fermer les portières de leur véhicule quand un pick-up beige a surgi. Ils sortaient tout juste du domicile d'Ambéry Ag Rhissa, un membre du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qu'ils venaient d'interviewer. Un homme enturbanné, parlant tamachek, a braqué une arme sur le chauffeur des deux reporters et lui a demandé de sortir du véhicule et de s'allonger par terre. Les assaillants ont ensuite fait sortir les deux envoyés spéciaux de RFI, les ont ligotés et les ont fait entrer dans leur véhicule. Les ravisseurs ont alors pris la fuite.
C'est un peu plus tard que l'on a retrouvé les corps des deux journalistes criblés de balles.
Serge Daniel, le correspondant permanent de RFI au Mali émet une hypothèse sur la fuite des ravisseurs avec leurs otages. Selon le journaliste, leur voiture aurait pu tomber en panne provoquant leur panique et leur réaction fatale.
Peu après l'enlèvement qui a été rapidement signalé, l'opération Serval a envoyé une patrouille et deux hélicoptères pour rechercher les journalistes sans résultat, avant de retrouver finalement leurs corps.
Réunion de crise à Paris
«Le président a exprimé son indignation à l'égard de cet acte odieux» L'objet de la réunion était d'établir précisément, en lien avec les autorités maliennes et les forces de l'ONU, les conditions de ces assassinats. Paris souhaite faire toute la lumière sur les événements afin d'engager des suites judiciaires à ce double assassinat. Ce conseil restreint a également permis de faire le point sur les moyens militaires français présents dans la région. Le parquet de Paris a ouvert samedi une enquête pour enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste. L'enquête a été confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur et à la sous-direction antiterroriste.
Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a indiqué à sa sortie de la réunion de crise ce dimanche que «les assassins sont ceux que nous combattons, les groupes terroristes qui refusent la démocratie et refusent les élections ». Laurent Fabius est revenu sur les circonstances de la mort des deux journalistes, ils ont été « assassinés froidement, l'un de deux balles, l'autre de trois balles, et ont été retrouvés à quelques mètres de la voiture à bord de laquelle ils ont été enlevés,fermée à clef ». Il n'y avait «aucun impact de balle sur la voiture», a-t-il ajouté. Enfin, le ministre français des affaires étrangères a également déclaré que «la sécurisation de l'ensemble de la zone de Kidal et des zones voisines va être accrue ».
Dès hier samedi, les présidents français et malien ont eu un échange téléphonique au cours duquel les deux chefs d'état ont «marqué leur volonté de poursuivre sans relâche la lutte contre les groupes terroristes qui restent présents au Nord du Mali» Ibrahim Boubacar Keita et François Hollande, dans un communiqué commun ont déclaré que «les meurtres odieux commis à Kidal ne peuvent que renforcer la détermination des deux Etats à poursuivre et à remporter ce combat commun contre le terrorisme».
Dans un communiqué lu, le porte parole du gouvernement malien a «condamné avec la plus grande fermeté cet acte barbare et lâche. Les deux journalistes aguerris n'en étaient pas à leur premier séjour , notamment à Kidal. Le gouvernement adresse ses condoléances émues au gouvernement français et aux familles des disparus et renouvelle toute sa détermination ainsi que celle de ses partenaires à poursuivre sa lutte contre le terrorisme et le crime organisé».