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Élections législatives: l'ombre de l'abstention

Catégorie

Politique

Publication

samedi 23 novembre 2013 14:17

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6.5 millions de maliens retournent aux urnes dimanche pour élire leurs 147 députés. Ces élections interviennent trois mois après les présidentielles. La forte mobilisation des élections d'août dernier se confirmera-t-elle, et quelle sera l'attitude des maliens dimanche. Les signes d'une tendance favorable à une large abstention sont perceptibles. La campagne est restée relativement atone, même si on a assisté à Bamako, à un réveil tardif durant les dernières heures de la campagne avec la multiplication des caravanes favorables aux 91 listes de candidatures.

Au cours de cette semaine, des initiatives en faveur de la participation se sont fait entendre, comme celle du syndicat des commerçants du Mali qui a appelé à un «vote massif dès dimanche».
Des observateurs de la vie politique ont estimé que la campagne n'a pas réussi à interpeller l'opinion.
Deux raisons expliquent cette distance des maliens vis à vis des acteurs politiques. Ces derniers sont jugés peu crédibles. Pour le professeur Akory Ag Iknane, président du collectif des ressortissants du nord et homme politique, «ce phénomène s'explique par un manque de confiance envers les hommes politiques». Les raisons qu'il évoque sont «les nombreuses promesses faites et non tenues par les candidats». Le professeur Akory ajoute également «la multiplication pléthorique des partis politiques avec des projets étant le plus souvent, irréalisables». La question de la cooptation des chefs rebelles du nord par le parti présidentiel a également eu un impact sur l'opinion. Elle a été fortement critiquée. A cela s'ajoute une forme de déception vis à vis du nouveau pouvoir. Beaucoup d'électeurs s'interrogent sur les alliances multiples et souvent antagonistes de ces élections. Pour le politologue Mamadou Samake, il s'agit là d'une forme de pragmatisme politique, «les partis se sont déjà organisés pour tenir compte des réalités du terrain et ainsi anticiper sur le vote des électeurs».
La sécurité dans le nord du pays, demeure aussi, l'une des données incontournables de ces élections. La chute en fin de semaine de trois roquettes sur Gao, maintient un climat de peur sur la ville . Récemment un expert en sécurité estimait: «nous ne sommes pas à l'abri d'une action d'éclat d'une faction, notamment du Mujao à Gao, pour tenter de saboter l'élection».
A Kidal la campagne n'a pas pu se dérouler normalement. Les meetings étant jugés dangereux, les candidats ont été contraints de faire du porte à porte. Le contexte local reste largement défavorable à la tenue des élections. Preuve de cette hostilité les demandes de report des élections réclamées par le FDR (Front Uni pour la Sauvegarde de la Démocratie de la République). De plus aucun des chefs politiques maliens n'a osé venir mener campagne dans la ville.
La question de réfugiés est aussi une donnée de ce premier tour des élections . La Délégation générale aux élections a enregistré 160 000 transferts d'électeurs. A ce chiffre il faut ajouter 1481 électeurs, notamment les réfugiés qui étaient partis en dehors des frontières et qui sont revenus.


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Législatives Elections