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21 corps de militaires découverts dans un charnier à Diago

Catégorie

Politique

Publication

mercredi 4 décembre 2013 19:02

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Les corps de 21 militaires ont été exhumés dans la nuit de mardi à mercredi à Diago, une commune proche du camp de Kati, le fief du chef de la junte et de ses bérets verts. Selon les premières conclusions il pourrait s'agir des bérets rouges disparus en avril 2012.
Les proches de ces militaires étaient sans nouvelle depuis la tentative de contre coup d'état menée par des partisans de l'ancien président Amadou Toumani Touré, contre le putsch de l'ex capitaine Sanogo. Les corps ont été transportés à l'hôpital Gabriel Touré où ils vont être autopsiés.

Les dépouilles de ces militaires ont été mises au jour en présence du ministre de la justice, du procureur général de la république, du juge d'instruction, de son greffier en chef, et de la brigade d'intervention judiciaire de la gendarmerie . Selon des personnes ayant participé à l'exhumation, on aurait retrouvé des cartes d'identité dans la fosse où ont été ensevelis les corps. Ces documents attesteraient qu'il s'agit bien des bérets rouges portés disparus. A Diago, le périmètre de la découverte des corps est interdit à toute personne en dehors de l'enquête. Cette découverte macabre fait suite a des révélations, lors de leurs auditions par le juge d'instruction, de militaires proches de Sanogo. Parmi la vingtaine de militaires arrêtés, certains ont été interpellés il y a trois semaines. Plusieurs d'entre eux auraient même avoué avoir participé aux exécutions. La découverte faite par l'autorité judiciaire, durant la nuit de mardi à mercredi, pourrait prochainement aggraver le chef de mise en examen de l'ex-putschiste poursuivi, à ce stade de la procédure, pour complicité d'enlèvement.
Du coté des familles des disparus l'émotion est vive. Elles ont appris l'existence du charnier ce matin en écoutant la radio. Les épouses, les mères et les sœurs des bérets rouges essayent de surmonter leur peine, et demandent aujourd'hui qu'on leur rendent justice
Le camp des bérets rouges de «Djicoroni para» est en deuil depuis ce mercredi matin . C'est dans ce camp que vivent la majeur partie de familles des militaires disparus. Le collectif des femmes des bérets rouges est réuni. Les proches des victimes qui ont tenu bon tous ces dernier mois ont le sentiment d'avoir réussi , par leur persévérance, à révéler l'existence du charnier de Diago, un village situé entre Kati et Kita. Assises ensembles, dans le camp, certaines de ces femmes ont des photos de leur parents disparus dans les mains. Elles tentent de se réconforter submergées par l'émotion et les larmes. Mme Drabo Mariam Guindo, l'épouse de l'un des soldats disparus témoigne. «Aujourd'hui on remercie le bon dieu. On a la vérité. Personne n'est venu pour nous prévenir. On a entendu la nouvelle à la radio puis à la télévision. On attend maintenant le gouvernement». Même si la découverte de ce charnier est une forme de victoire pour ces femmes, elles espèrent que la procédure ira à son terme , «jusqu'à ce que justice leur soit rendue».
De son côté, l'Association Malienne des Droits de l'Homme (AMDH) qui s'est portée partie civile dans l'affaire des bérets rouges, évoque une avancée significative dans l'enquête. « La découverte du charnier de Diago est un progrès par rapport à la procédure intentée contre Sanogo et ses complices». Le président de l'AMDH, Me Moctar Mariko, ajoute également que le Mali a besoin d'aide pour permettre l'identification des corps nécessaire aux investigations en cours.
Après DIAGO, l'hypothèse d'un second charnier a été évoquée en fin de journée ce mercredi. Selon des sources proches de l'enquête, Yélékébougou, localité située à 45 km de la ville garnison de Kati sur la route de Kolokani pourrait abriter un site où auraient été ensevelis des corps.
Ce charnier serait lié aux événements du 30 septembre de Kati.