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Me Harouna Toureh, un des avocats du général Sanogo

les avocats du général Sanogo réagissent aux accusations contre leur client

Les avocats du général Sanogo se font entendre. Maître Dior Diagne et Maitre Harouna Toureh ont dénoncé aujourd'hui une forme d'acharnement contre leur client. Ils évoquent des manipulations pour fabriquer un dossier cherchant à aggraver les chefs d'inculpations de leur client .
Répondant au site MaliJet, Me Dior Diagne, dénonce une forme de« manipulation », et de «faux » qui entoure un « dossier fabriqué ».
L'avocate rappelle que le général Sanogo est inculpé uniquement de complicité d'enlèvement. Elle pose la question: « qui est l'auteur principal? Qui sont les personnes enlevées?. Elle s'interroge aussi sur les derniers développements de l'enquête depuis la découverte du charnier de Diago: « on veut corser le dossier ».
Maitre Harouna Toureh l'autre défenseur commence lui à dessiner la ligne de défense de l'ex-putschiste. Il revient sur la journée du 30 avril 2012 et la confusion qui régnait ce jour là à Bamako. Voir l'interview accordé par maître Harouna Toureh à Studio Tamani.

De son côté l'Association Malienne des Droits de l'Homme(AMDH) a réagi aujourd'hui aux déclarations de Maitre Dior Diagne. Pour le secrétaire général de l'AMDH, Amadou Boubacar Tekete , l'avocat du général Sanogo est dans son rôle en défendant son client: « l'avocat quand il défend son client souffle le chaud pour avoir une braise». Amadou Boubacar Tekete affirme que l'AMDH a fait son enquête, affirmant avoir « fait des photos du charnier dont tout le monde parle. Et nous avons même appris qu'il y en a d'autres à Sevaré et à Bamako.

Studio Tamani a rencontré Maitre Harouna Toureh et publie l'intégralité de l'entretien

Question Studio Tamani: Votre client est fortement mis en cause depuis la découverte du charnier de Diago. Les familles des disparus et l'AMDH demandent que l'on requalifie les chef d'inculpation. Réponse :
Ce sont les autorités militaires maliennes, notamment le ministre de la défense qui met en cause notre client dans cette affaire nébuleuse et qui cherche coûte que coûte par tous les moyens possibles et imaginables à le rendre responsable de crime ou de délits commis. Je voudrais avant toute chose dire ceci, j'ai écouté les radios libres avec beaucoup d'intérêt, j'ai lu les journaux avec beaucoup d'attention, je me suis rendu compte que les faits de son arrestation étaient falsifié de bout en bout. Je peux vous assurer que tout ce qui a été dit, c'est la première fois que j'ai l'occasion de le dire ne sont pas exacts. J'étais là le jour de son arrestation, de 9H jusqu'à 17h nous étions ensembles. Il n'a pas été frappé comme on l'a dit, il n'a pas été insulté, il n'a pas été rabroué, rien du tout! Il s'est rendu volontairement, nous avions fait ensemble le déplacement. Cependant, je confirme qu'au moment de son arrestation, il y a eu des coups de feu en direction de sa garde rapprochée, qui elle était totalement désarmée. Et il y avait dans sa cour et en dehors de sa cour, des centaines et des centaines de militaires armés jusqu'aux dents avec des véhicules blindés. Je me suis assis à ses côtés dans le véhicule blindés qui nous a emmené à l'école de la gendarmerie. J'étais assis sur des caisses de munitions. Donc tout ce qu'on a pu dire sur les faits qu'il ait subi ou quoique ce soit d'autre , notamment qu'il aurait pleuré ou supplié, qu'il a été ligoté, tout ceci est totalement faux.
Pour revenir à votre question, les familles des disparus ont la compassion de notre client, et de nous tous maliens. Ce qui s'est passé est très regrettable mais il faut aller chercher les responsables, les coauteurs. Notre client est accusé en ce moment de complicité d'enlèvement de personnes. Si l'inculpation devait changer simplement parce qu' un charnier a été découvert, il faudra encore faire le lien entre le charnier et sa personne. Nous sommes en matière pénale, nous ne sommes pas en matière de rumeurs colportée ou de discours politiques, voilà ce que je voulais vous dire

Question Studio Tamani : Estimez vous que votre client bénéfice du respect d'innocence et du droit à la défense comme l'avait laissé entendre le porte-parole du gouvernement ? Réponse:
Du droit à la défense ce n'est pas le ministre qui l'a promis, c'est parce que les lois de notre pays ont institué des moyens juridiques par lesquels toute personne appelée lors d'une en enquête préliminaire ou devant le juge a le droit de se choisir son avocat, c'est ce qui justifie notre présence aux côtés de notre client.
Question studio Tamani: Si d'autres charniers venaient à être découverts, cela pourrait-il changer les choses pour votre client ?Réponse :
Je ne vois pas en quoi la découverte d'un ou de plusieurs charniers pourraient directement mettre en cause la responsabilité de notre client dans cette affaire. Nous étions le 30 Avril, dans un régime d'exception arrivé à la suite d'une mutinerie. Chacun croyais avoir accompli son devoir en participant à un coup d'état ou d'être même l'auteur ou le coauteur d'un coup d'état. Chacun s'en tapait la poitrine, aussi bien les hommes politiques que la société civile, les militaires, les policiers, les gendarmes. Voilà l'atmosphère dans laquelle on vivait le 30 avril. Si d'autres militaires ont pris l'initiative d'aller châtier ceux qui quelques jours avant ont mis fin à un régime. Il se sont armés dans le desseins d'aller tuer . Ils ont réussi à tuer autour de l'ORTM sur la route de l'aéroport, dans la ville ; des civils ont perdu la vie, en face de l'école de police, en montant à Kati, par Koulouba etc...Il y a eu beaucoup de morts, il n'y a pas que le charnier de Diago . Peut être existe-t-il d'autres charniers et qu'ils seront découverts, mais aller chercher à savoir ce qu'il y a dans ces charniers! Y a t-il un policier? Un béret rouge? Un béret vert? Un béret orange...je ne sais pas. Mais voilà ce qui s'est passé, la nuit du 30, c'était un combat entre des hommes armés qui se sont battus. Un camp a gagné et l'autre a perdu. Mais il y a eu des veuves de part et d'autre, des orphelins de part et d'autre. Je m'incline devant la volonté des veuves et orphelins des bérets rouges. Ce qui s'est passé pour leurs pères ou leurs maris est très très grave et regrettable, mais il y a également des veuves du côté des bérets verts, des policiers, des gendarmes et de la garde nationale, du côté de l'armée de façon générale. Si justice doit être rendue, elle doit être rendue à toutes les veuves et à tous les orphelins.
Question studio Tamani : Avez vous pu renconter votre client chaque fois que vous le souhaitiez ? Réponse :
Je vois régulièrement mon client, même le jour ou le juge d'instruction en connivence avec la garde nationale a voulu nous (le pool des avocats) empêcher d'accéder à notre client. On l'a vu. On s'est dit qu'il n'est pas question d'abandonner les droits de la défense. Personne ne peut nous interdire d'accéder à notre client. C'est la loi qui nous autorise à le rencontrer et on l'a fait. Malgré l'instruction qui a été donnée à l'officier chargé de sa garde qui nous a dit avoir reçu l'ordre de sa hiérarchie de nous empêcher d'accéder à notre client. Nous y sommes rentrés et nous l'avons rencontré malgré eux. Nous le referons en cas de besoin, personne ne nous empêchera d'accéder à lui. En ce moment, il est à l'isolement pour 10 jours. Peut être renouvelable, et nous avons le droit d'y aller et nous irons. Dans les heures qui viennent, j'irai le voir.

Question Studio Tamani : Le chef de l'état écarte toute hypothèse de transfert à la justice internationale du général Sanogo. Qu'en pensez vous ?Réponse :
J'ai beaucoup de respect pour notre président de la république , puisqu'il a été régulièrement élu par nous les maliens. Mais cette déclaration est déjà une immixtion dans les affaires de la justice .Ce n'est pas au président de dire qu'il va procéder a un transfèrement d'un justiciable à la justice internationale; c'est au juge de décider. Ça c'est une preuve supplémentaire que le juge en charge de ce dossier n'est pas totalement indépendant. Une décision a déjà été prise par notre président de la république, avec tout le respect que je lui dois, de dire que notre client ne sera pas transféré, voilà constatez vous même qu'il y a la une immixtion; sans compter les discours enflammés du ministre de la défense et ceux du ministre de la justice qui, tentent de justifier l'impossible.Tout ceci prouve qu'il y a une immixtion directe de l'exécutif dans le dossier mis entre les mains de ce juge qui n'a aucun pouvoir de décision personnelle.
Question Studio Tamani : Pensez vous que la justice malienne subit des pressions dans cette enquête ? Réponse :
je ne dirais pas la justice malienne reçoit des pressions. Je précise qu'il s'agit d'un dossier mis entre les mains d'un juge d'instruction, ce juge d'instruction de toute évidence n'est pas indépendant et j'en ai pour preuve que le jour de l'interrogatoire de mon client interrogatoire au lieu de se tenir dans son cabinet ça s'est passé ailleurs. Qu'on ne nous dise pas que c'est pour des raisons de sécurité. L'interrogatoire s'est s'est passé dans une école de gendarmerie. S'il avait le pouvoir de le faire et s'il était indépendant le juge d'instruction aurait conduit cet interrogatoire dans son bureau. C'est ce qui est légalement prévu si on devait se transporter ailleurs, il y avait des conditions de forme à prendre et qui n'ont pas été remplies de un, de deux , quand le juge d'instruction a pris sur lui la responsabilité de mettre notre client sous mandat de dépôt , il nous a clairement signifié et ce devrait être acté dans le registre du greffier que notre client devait être assigné dans sa résidence actuelle sise a la base B et non a la gendarmerie. Cette décision a été prise en cinq minutes . Troisième élément qui prouve qu'il n'est pas indépendant est qu'il a pris une ordonnance dans son cabinet interdisant à notre client de communiquer avec tout autre personne que son avocat. Il me l'a notifiée verbalement. Mais l'officier chargé de la garde nous a dit qu'il avait reçu des instruction de la hiérarchie militaire nous interdisant nous mêmes, les avocats d'avoir accès à notre client. C'est la preuve que le juge d'instruction n'a aucune autorité dans ce dossier. Il se contente de poser des actes qu'on lui demande de poser . Le dossier est un dossier monté et manipulé .