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Élections législatives entre crainte et désenchantement

Catégorie

Politique

Publication

dimanche 15 décembre 2013 18:44

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Les Maliens on voté ce dimanche 15 décembre pour désigner les 128 députés qui restaient à élire après le premier tour. 19 sièges étaient déjà pourvus le 24 novembre dernier. Ce second tour devait mettre fin au processus de retour à l'ordre constitutionnel.
Avec un peu plus de 38 % de participation le premier tour a été marqué par un important taux d'abstention. Le deuxième tour a confirmé la tendance enregistrée il y a trois semaines. Les électeurs maliens se sont peu déplacés dimanche.

On s'attendait à un nouveau recul de la participation par rapport au premier tour. Les observateurs ont constaté cette tendance tout au long de la journée. Très peu d'électeurs se sont déplacés à Bamako. Dans certains bureaux de vote on a même enregistré une moyenne de fréquentation ne dépassant pas un électeur tous les quarts d'heure. Le rythme a atteint à certains endroits un par demi-heure.
Même constat à Kayes où à 11h30 on a enregistré seulement 30 votants dans l'un des principaux bureaux de vote de la ville. A Koulikouro la situation était comparable. L'influence est restée très faible, avec zéro votant dans plusieurs bureaux. En revanche à Banamba les habitants se sont mobilisés en organisant des votes collectifs. 20 cars mis à disposition par des candidats, sont partis de Bamako pour aller voter là bas.
A Sikasso la participation semblait très légèrement supérieure à celle du premier tour. A Tombouctou, le taux de participation a atteint 25% à la mi journée, ce qui est moins qu'au premier tour. Par contre à Gao, le taux de participation n'a pas atteint les 20% à 12h.
Un vote entre crainte et désenchantement
L'attentat commis hier à Kidal a fait planer, dans certaines régions, un climat pesant sur le déroulement des opérations de vote,.
A Gao ou à Tombouctou des personnes ont expliqué qu'elles ne souhaitaient pas aller voter à cause des menaces terroristes. Pour autant dans ces deux villes le scrutin s'est déroulé sans incident majeur.
L'autre enseignement de ce deuxième tour c'est la démotivation des électeurs . Cette démotivation est réelle lors du second tour. La campagne qui avait eu du mal à démarrer au premier tour est restée atone au cours des deux dernières semaines.
Le comportement des responsables politiques et globalement leur mauvaise image, explique le désintérêt des électeurs.
Tous les observateurs se sont inquiétés de ce phénomène, qui pose plus largement la question de la légitimité de la future assemblée.
Louis Michel, chef de la Mission d'observation de l'Union Européenne a rappelé que voter est un devoir. «On ne demande pas grand chose à un citoyen que d'aller voter, d'aller donner son avis, de prendre parti. C'est une question de politesse à l'égard du destin de son pays ».
Le ministre de l'urbanisme et de la ville, Moussa Mara a commenté le taux l'abstention qui «montre l'ampleur du chemin à parcourir pour une pleine citoyenneté des maliens et de leur implication». Pour autant le ministre relativise la faible mobilisation des électeurs, «on reste quand même positif car on revient de loin».