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Ahmed Mohamed Ag Hamani s'exprime sur « la rébellion de l'Adrar des Ifoghas »

Catégorie

Politique

Publication

samedi 21 décembre 2013 18:15

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C'est au cours de la conférence débat qu'il a tenu ce matin à la maison de la presse de Bamako que Ahmed Mohamed Ag Hamani a exposé à la presse sa réflexion sur le processus de paix au Mali.

« Le devoir de sauvegarder l'intégrité et la sécurité nationales dans un Mali de paix et de cohésion, nous oblige à cesser d'écouter nos cœurs pour faire appel à notre raison et dégager des pistes de solution durable ».

Dans son décryptage de la crise malienne, deux volets sont amplement développés. Il s'agit du statut de Kidal et des propositions de sortie de crise.

 Le statut de Kidal

 « Le contrôle continu du MNLA sur la région de Kidal constitue en soi une rupture de l'ordre constitutionnel et représente une violation flagrante de l'intégrité territoriale du pays. De nombreuses violations imputables au MNLA ont eu lieu à Kidal, en particulier des atteintes à l'intégrité physique ainsi que des arrestations illégales et des détentions arbitraires dont sont souvent victimes des touaregs, perçus comme étant proches des factions rivales du MNLA, favorables à l'unité du Mali ou au pouvoir à Bamako ».

« La région de Kidal a été créée à la suite des accords de Tamanrasset. Berceau des rebellions successives depuis l'indépendance du Mali, Kidal n'a pas connu le même schéma de libération que Gao et Tombouctou.

Face à la poussée militaire française, le MNLA se déclara prêt à négocier avec les autorités, à aider la France à chasser les islamistes et à récupérer les otages.

Le 24 janvier 2013, des membres d'Ançar Dine entrèrent en dissidence et créèrent le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), dirigé par Alghabass Ag Intalla, fils de l'Aménokal des Ifoghas négociateur d'Ançar Dine lors des pourparlers de Ouagadougou (fin 2012). Face à la restauration progressive de la souveraineté de l'État malien sur les zones dont il avait perdu le contrôle, des chefs de factions et des notables touaregs créèrent le Haut Conseil pour l'Unité de l'Azawad (HCUA) à l'issue d'une assemblée générale organisée à Kidal le 5 mai 2013.

Bien que les forces françaises et celles de la MINUSMA y soient présentes, la ville de Kidal demeure sous le contrôle du MNLA qui l'administre de manière presque autonome » déclare Ahmed Mohamed Ag Hamani.

Proposition de sortie de crise

« Après le retour des populations déplacées et réfugiée, il est impératif de promouvoir un mécanisme efficace de dialogue pour la paix et la réconciliation afin d'accélérer le retour au vivre ensemble d'antan » a déclaré l'ancien premier ministre énumérant également les pistes possibles d'actions en ce sens : Le programme de développement accéléré des régions du Nord (PDA-RN) ; le désenclavement par la réalisation des axes routiers déjà en cours et ceux programmés ainsi que la construction de l'aéroport de Kidal de l'aménagement des aéroports de Tombouctou, de Gao, de Mopti et de Tésalit ; le démarrage des travaux du barrage de Taoussa et les aménagements Hydro agricoles qui en découlent ; l'exploitation rapide des ressources minière et énergétiques, gage de croissance économique rapide et synonyme de développement.

Ahmed Mohamed Ag Hamani appelle au démantèlement de toutes les milices armées à caractère ethnique, racial ou régionaliste. Il demande que soit entendus fondamentalement les acteurs du dialogue en incluant les élus locaux, les chefs traditionnels et religieux, les notables, les leaders d'opinion seuls représentants légitimes des populations et l'implication de l'ensemble des collectivités décentralisées dans la gestion de la crise et de l'après crise en leur transférant les compétences et les ressources nécessaires à cet effet.

L'ancien premier Ministre appelle a communiquer fortement sur ces questions et celles relatives au retour des populations déplacées et réfugiées de manière à sauvegarder la cohésion sociale et la paix; poursuivre en justice toute personne ayant commis des fautes graves durant le conflit, avéré à la suite d'investigations impartiales et transparentes, exclure la prime à la rébellion ou à la violence par des intégrations systématiques de tous les combattants armés entre autres.

Ahmed Mohamed Ag Hamani pointe la crise de leadership et de chefferie dans la région de Kidal qui constitue selon lui un des paramètres essentiels de ce conflit. Il plaide pour une coopération des pays voisins : "l'Algérie, la Mauritanie, le Niger et le Burkina Faso sont nécessaires pour juguler la crise et ses conséquences". De même il appelle la France, l'Union Européenne, les Etats Unis, l'Union Africaine et la CEDEAO à exercer une pression politique sur le MNLA et ses alliées afin de libérer rapidement les zones occupées et procéder à un désarmement total.

Si toutefois la solution par le dialogue n'aboutissait pas à la libération de la partie du territoire occupée par le MNLA et ses alliées, la solution militaire devient malheureusement inévitable pour libérer l'ensemble du territoire national en minimisant les risques de dérapage pouvant résulter des connexions éventuelles avec les jihadistes et les narcotrafiquants" conclu Ahmed Mohamed Ag Hamani.

Qui est Ahmed Mohamed Ag Hamani

Malien d'origine touareg et arabe et ressortissant de la région de Tombouctou. Le 7 janvier 1978, sous le régime de Moussa Traoré il est nommé ministre de tutelle des Sociétés et Entreprises d'État. Le 28 juin 1979, nommé successivement ministre du Plan le 2 août 1980, ministre des Sports, des Arts et de la Culture le 31 décembre 1984, ministre des Transports et des Travaux publics le 6 juin 1986, poste qu'il a occupé jusqu'au 20 janvier 1987. Il devient alors ministre de l'Information et des Télécommunication en1990 avant d'entrer dans la carrière diplomatique : Il fut ambassadeur du Mali successivement auprès du Maroc, de la Belgique, du Grand Duché du Luxembourg et de l'Union européenne. Ahmed Mohamed Ag Hamani est aujourd'hui à la retraite. Il a créé en 2009 une association dénommée Association pour la revalorisation de l'expertise nationale (Arena), regroupant des cadres de haut niveau de la fonction publique à la retraite. Ce groupement souhaitait mettre son expertise au service de l'administration publique, du secteur privé et de tout autre partenaire du Mali.

 


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Kidal Crise MNLA