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Le chômage des jeunes « bombe à retardement » pour l'Afrique

Catégorie

Politique

Publication

mardi 14 janvier 2014 16:54

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Le chômage des jeunes est une menace pour la stabilité de l'Afrique. Le nombre des sans emplois se compte en dizaine de millions jeunes Africains sans emploi, qui se comptent par dizaines de millions,. Les Nations Unies ont organisé un rencontre hier à Dakar sur cette question essentielle aux implications inquiétantes.

Pour beaucoup de participants à ces assises le chômage est une bombe à retardement qu'il est urgent aujourd'hui de désamorcer.
La jeunesse africaine représente plus de 40% de la population active du continent. Selon le comité d'organisation de ces rencontres initiées par le fonds des Nations unies pour la population et Onusida, le taux de chômage atteint 30% en Afrique de l'ouest. Alioune Guèye, responsable du réseau des jeunes leaders d'Afrique, originaire du Mali donne en exemple le nord du pays occupé pendant plusieurs mois en 2012 par des groupes armés alliés à Al-Quaïda. Selon lui les terroristes ont visé la jeunesse malienne livrée à elle même et cette jeunesse a trouvé avec le terrorisme une occupation bien rémunérée.
L'OIT estime que sur 75 millions de jeunes chômeurs dans le monde, 38 millions vivent en Afrique, soit un taux moyen de 10,3% sur le continent.
Ces jeunes chômeurs africains sont âgés de 18 à 35 ans, dans un marché du travail dominé à 75 % par les activités informelles.
Selon l'ONU, l'Afrique compte 200 millions d'habitants âgés de 15 ans à 24 ans. 70% de cette population,la plus jeune au monde, a moins de 30 ans et le taux de chômage des jeunes est le double de celui des adultes.

La chef du gouvernement du Sénégal, Mme Aminata Touré, qui a présidé la cérémonie d'ouverture de la rencontre, a estimé que «le moment est venu» de «faire des jeunes l'avenir du continent. Ca doit être la priorité des priorités».

Selon l'ONU, l'Afrique compte 200 millions d'habitants âgés de 15 ans à 24 ans. 70% de cette population - la plus jeune au monde - a moins de 30 ans et le taux de chômage des jeunes est le double de celui des adultes.

Les recommandations de la rencontre de Dakar doivent être remises au président sénégalais Macky Sall qui devra les transmettre à l'Union africaine (UA). Elles seront ensuite envoyées aux Nations unies.

Le fonds des Nations unies pour la population et Onusida, ont organisé un forum sur l'emploi des jeunes à Dakar.
Le constat fait par les participants est alarmant. L'afrique d'être confronté à terme à un problème majeur si l'on ne parvient pas à trouver des emplois pour les jeunes. Alioune Guèye, responsable du réseau panafricain des jeunes leaders d'Afrique, originaire du Mali et animateur de ces assises a fait le point avec Famoussa Sidibé.


Vous avez déclaré que le chomage des jeunes est une bombe à retardement. Que faut-il comprendre ?

« Aujourd'hui le chômage est devenu une préoccupation prioritaire pour tous les états africains. Hier dans la communication de M. Dramane Haïdara du BIT il est relevé que 75 millions de personnes jeunes adultes sont en chômage en Afrique. Cela est interpellant , d'autant plus qu'aujourd'hui, chaque jeune aspire à un bien être, à un emploi décent, à fonder une famille, chaque jeune aspire à être émancipé. Donc cela est un handicap à leurs droits humains, cela est un handicap aux progrès social. Donc c'est pourquoi, nous avons décidé de placer le thème du sommet au chômage des jeunes. Non seulement pour interpeller nos dirigeants, les dirigeants africains qui pendant les campagnes ne font que promettre 500.000 emplois, 100.000 d'emplois, 1.500.000 d'emplois et après ils ne font absolument rien. Donc aujourd'hui c'est une interpellation de la jeunesse africaine à leur endroit, mais aussi une interpellation de la jeunesse africaine à l'endroit de la communauté internationale qui aussi avait initié, il y a quelques années le programme décennal du développement de la jeunesse. Ce programme là, aujourd'hui souffre d'application, de moyens et de mise en œuvre. Une charte africaine de la jeunesse a été adoptée par l'Union Africaine. Aujourd'hui, cette charte africaine de la jeunesse n'est pas du tout appliquée. Aujourd'hui, nous faisons un un plaidoyer que nous avons développé en présence des plus hautes autorités, des hautes personnalités qui ont bien voulu faire le déplacement ou qui se sont faites représenter pour que nous puissions agir et changer cette situation, nous pensons que cela est possible ».

Vous affirmez que le chômage fait basculer les jeunes vers le grand banditisme et la rupture sociale.

« Quand la guerre rentre dans un pays, la rupture sociale est atteinte, la cohésion sociale est atteinte. Donc nous pensons qu'aujourd'hui la problématique du chômage des jeunes a plusieurs conséquences. Je prendre l'exemple du Mali. La crise du nord, c'est vrai, est une crise identitaire mais les terroristes, les jihadistes qui se sont installés, se sont servis de la vulnérabilité de la jeunesse qui était au nord. Et aujourd'hui, la jeunesse participe à des des exactions parce que tout simplement, c'était une jeunesse désœuvrée qui n'avait pas d'emploi. Donc on ne peut pas dissocier la question des conflits en Afrique, la question de l'instabilité en Afrique, la question de la pauvreté en Afrique à la question du chômage ou de l'emploi des jeunes. Donc, c'est au centre des préoccupations aujourd'hui ».

Quelles solutions proposez vous aujourd'hui ?

« Les solutions sont qu'il est important que les états africains puissent mettre en place un système éducatif adapté aux besoins, aux réalités africaines. Tout le monde le dit depuis des années, il y a une adéquation entre la formation et l'emploi et pourtant aucune disposition n'est prise pour changer cela. Il y a aussi la corruption, la délinquance financière, le népotisme, le clientélisme qui font qu' aujourd'hui les jeunes sont privés de toute possibilité d'emploi et que le pays même est privé de toute possibilité d'investissement durable. C'est les investissements qui amènent la croissance, et c'est la croissance qui crée l'emploi. Il y a aussi la mauvaise gouvernance politique qui crée l'instabilité dans nos pays ».

A combien peut-on estimer le nombre des jeunes sans emplois en Afrique et au Mali ?
« Il y a environ 60 millions de jeunes chômeurs en Afrique. Au Mali, ça varie entre 30 et 40% ».

Faut-il aujourd'hui revoir les objectif du millénaire pour prendre en compte ce problème des jeunes en Afrique ?

« Lors de la cérémonie d'ouverture dans le discours que j'ai bien voulu présenter au nom du réseau panafricain des jeunes leaders, j'ai mis un accent particulier sur la place des jeunes dans la formulation des nouveaux objectifs. Et tous les intervenants qui ont pris la parole ont réaffirmé cet engagement et se sont portés volontaires pour porter cette proposition de la jeunesse africaine pour que dans la reformulation des nouveaux objectifs, il puisse y avoir un point spécifique consacré à la jeunesse. En plus de cela, le président du Sénégal, son excellence Macky Sall s'est porté volontaire sur notre demande pour être le porte-parole de la jeunesse africaine auprès de l'Union Européenne, mais aussi au niveau des assemblées générales des Nations unies. Donc cela veut dire que, nous avons atteint l'un de nos objectifs qui était de faire le plaidoyer pour que la préoccupation de la jeunesse puisse être portée au plus haut niveau ».