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La France « régionalise » sa lutte contre le terrorisme au Sahel

Catégorie

Politique

Publication

samedi 25 janvier 2014 11:43

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La France envisage de réorganiser son dispositif militaire au Sahel autour de quatre pôles principaux, pour renforcer l'efficacité de ses forces dans la lutte contre les groupes jihadistes qui opèrent dans cette zone immense. Jean Yves Le Drian a présenté son projet aux responsables américains lors de son séjour à Washington.

Selon l'AFP la France souhaite rapprocher son dispositif de la zone où ses forces sont le plus susceptibles d'intervenir. C'est-à-dire essentiellement dans le nord du Mali, du Niger et du Tchad. Le nouveau dispositif prévoit le maintien d' environ 3.000 hommes dans la zone. Dans la période de décroissance des effectifs au Mal les responsables militaire français souhaitent de ré-articuler les forces autour de quatre pôles spécialisés - Gao, au Mali, N'Djamena, Niamey et Ouagadougou - pour faire face à une menace devenue régionale. A terme, il ne devrait pas y avoir plus de soldats français en Afrique, mais ils seront répartis légèrement différemment. Au Mali, où le contingent français doit être ramené à un millier d'hommes dans quelques mois, Gao devrait devenir une sorte de « hub », une plaque tournante d'où les forces poursuivront leurs opérations dans le nord du pays au côté de l'armée malienne.Les forces terrestres stationnées à N'Djamena (950 hommes) joueront, selon la Défense, en cas de besoin le même rôle dans le nord du Tchad. L'essentiel des moyens aériens français (avions de chasse Rafale et Mirage 2000D) restant stationnés dans la capitale tchadienne.Niamey, où sont déployés les deux drones Reaper acquis récemment aux Etats-Unis, doit servir de plate-forme logistique et de pôle de renseignement. Enfin Ouagadougou servira de base aux Forces spéciales, les premières en action en cas de coup dur.

A cette « ligne de déploiement principale », s'ajouteront des bases avancées, beaucoup plus au nord, en cours de négociations avec les capitales de la région. Tessalit au Mali, à moins de 100 km de la frontière algérienne, Faya-Largeau dans le nord du Tchad, près de la frontière libyenne, devraient accueillir de petits contingents de quelques dizaines d'hommes. « Il s'agit pour nous de prépositionner des stocks logistiques et un petit effectif », indique un responsable militaire. Des stocks de carburant ou de munitions qui permettront de renforcer la réactivité des forces françaises « là où les choses se passent vraiment ».C'est cette « régionalisation » de la lutte contre la menace jihadiste que le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, devait exposer vendredi à Washington à ses interlocuteurs américains. Une action qui doit se dérouler "dans le temps relativement long", pour laquelle Paris compte notamment sur la poursuite du soutien américain en matière de renseignement. Les deux pays partagent la même analyse de la menace et la France veut développer sa coopération avec Washington.
Le troisième rideau des forces françaises en Afrique de l'ouest devrait globalement rester le même, avec ses implantations au Sénégal (350 hommes), au Gabon (940), Côte d'Ivoire (450), auxquelles s'ajoutent les 1.600 soldats engagés dans l'opération Sangaris en Centrafrique.