Des rencontres préparatoires avec les groupes armés ont débuté à Bamako

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Politique

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jeudi 13 février 2014 17:35

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Des rencontres préparatoires à de futures négociations de paix avec les groupes armés, ont débuté ce matin à Bamako. Le premier ministre Oumar Tatam Ly accompagné de cinq ministres a lancé ces rencontres qui réunissent des représentants de la communauté touareg, du gouvernement malien et les responsables des Nations unies l'ONU.

Les rencontres préparatoires vont se poursuivre jusqu'à demain vendredi . Une résolution devrait être adoptée à l'issue des travaux.
Sur le fond cette rencontre doit aborder les questions sensibles, notamment celle du désarmement et du processus de démobilisation. Autre sujet délicat, celui de la réinstallation de l'administration et des services sociaux dans les trois régions du nord du Mali, Gao, Tombouctou et Kidal.
L'implication et la mobilisation de la société civile sera aussi aux cœur de l'ébauche de feuille de route, en discussion.
Coté gouvernement on a donné le «la» du cadre dans lequel doivent se dérouler ces discussions préparatoires. Celle ci doivent être menées avec les groupes armés, mais aussi avec les autres composantes des régions du Nord. «Un dialogue inclusif» comme l'a rappelé Cheick Oumar Diarrah, ministre malien de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord.
L'inclusivité une notion difficile a faire passer auprès des groupes armés. Beaucoup ne comprennent pas que seuls les signataires des accords de Ouagadougou auront droit au chapitre. Le président du mouvement Ganda Izo, Ibrahima Abba Kontao résume les craintes des groupes armés: «l'accord de Ouagadougou a été signé par quatre groupements. Maintenant il se trouve qu'au sein de plusieurs de ces groupements, il y a des divergences et les groupes ne sont plus homogènes. C'est cela qui pose problème».
Le président Keïta a souhaité que les Maliens reprennent la main de ces pourparlers de paix, écartant de fait la médiation du Burkina Faso . Cette semaine Cheick Oumar Diarrah, avait également indiqué que «les futures négociations se dérouleront sur le territoire malien», ce qui, selon le ministre de la Réconciliation nationale, n'exclut pas la médiation d'autres pays de la région, tels que l'Algérie et le Maroc dont le roi Mohamed VI a récemment reçu le secrétaire général du MNLA, Bilal Ag Achérif, l'incitant au «dialogue» avec Bamako.
Une «rencontre préparatoire» a par ailleurs eu lieu en Algérie avec des groupes armés du nord du Mali, ignorée cependant par le MNLA.
Selon l'AFP «il apparaît clairement que la nouvelle stratégie malienne est de domicilier les futures négociations sur le territoire national, d'avoir plusieurs appuis extérieurs, mais surtout de noyauter les groupes armés par d'autres acteurs civils du Nord, pour arriver à une paix globale», estime un diplomate en poste à Bamako.
Selon lui, il faut s'attendre du côté du gouvernement malien à des négociateurs «déterminés et même parfois brutaux», qui ne proposeront qu'une «décentralisation poussée» pour parvenir à un accord.
Or, le MNLA veut une forme d'autonomie, comme l'a rappelé dans une déclaration récente à l'AFP Mohamed Djéri Maïga, son vice-président: «Nous allons demander l'instauration d'un état fédéral, il nous faut une autonomie».


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