Yamoussa CAMARA, chef d'etat major particulier du président IBK.

Affaire des bérets rouges:« les faits sont très graves, les preuves remontent» selon des sources proches de l'instruction.

Le général Yamoussa Camara,chef d'état-major du président Ibrahim Boubacar Keita, ancien ministre malien de la Défense, a été inculpé hier de complicité d'assassinat et placé sous mandat de dépôt dans le cadre de l'enquête sur la découverte du charnier de Diago. En décembre dernier on avait retrouvé dans une fosse commune les corps de 21 bérets rouges près du camp de Kati à 30 km au nord de la capitale.

De sources proches du magistrat chargé du dossier, le juge d'instruction Yaya Karembé, l'incarcération du général Yamoussa Camara a été rendue «nécessaire» par «de nouvelles preuves de l'implication dans l'affaire de plusieurs hauts responsables militaires maliens».
A ce stade on estime que le général Yamoussa Camara a tenté d'étouffer l'affaire dite, «des bérets rouges». Au cours du coup d'état avorté d'avril 2012, il aurait fait croire que certains des parachutistes de ce régiment, avaient été envoyés en renfort dans le nord du pays en espérant qu'on pense qu'ils étaient morts au combat». Selon des sources proches de l'enquête ce maquillage a été confondu par la découverte d'une lettre portant sa signature». C'est ce document qui explique son arrestation.
Le général Yamoussa Camara a été inculpé de complicité d'assassinat et mis sous mandat de dépôt.
En novembre dernier, dans le cadre des enquêtes sur les disparitions de Kati , le général Amadou Sanogo, responsable du coup d'État de mars 2012 , a été inculpé de complicité d'enlèvement et écroué.
Le président Keïta et son ministre de la Défense Soumeylou Boubèye Maïga ont à plusieurs reprises affirmé qu'ils n'entendaient pas perturber les magistrats dans leur travail concernant les règlements de compte sanglants qui ont secoué et déstabilisé l'armé malienne depuis 2012.

Trois militaires arrêtés ce vendredi et inculpés de complicité d'assassinat

De source judiciaire , trois militaires ont été écroués et inculpés de « complicité d'assassinat » dans l'affaire des bérets rouges ce vendredi.
Les trois militaires sont le général Sidy Touré, ancien patron de la Sécurité d'Etat , le capitaine Amadou Konaré, un des responsables du putsch de mars 2012, et le lieutenant Tahirou Mariko, ex-aide de camp du chef des putschistes Amadou Haya Sanogo. Selon la même source , tous trois ont été écroués après avoir été inculpés de « complicité d'assassinat » dans l'affaire dite des "Bérets rouges"dont 21 corps ont été retrouvés le 4 décembre 2013 dans une fosse commune près de Bamako.
« Les faits sont très graves, les preuves remontent », a ajouté la même source, proche du juge Yaya Karembé, chargé du dossier des "Bérets rouges".
Une seconde source judiciaire a confirmé l'inculpation et l'incarcération du général Sidy Touré et du capitaine Amadou Konaré.
Le général Yamoussa Camara, et le capitaine Amadou Konaré furent des proches d'Amadou Haya Sanogo, capitaine promu général et meneur des militaires ayant renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars 2012.
Le général Sanogo et plusieurs de ses proches ont été arrêtés et inculpés en novembre 2013 dans la même affaire.

Réaction du président du FIDH

L'arrestation du général Yamoussa Camara est un bon signe pour les défenseurs des droits de l'homme. Me Bréhima Koné président de la ligue africaine des droits de l'homme, membre de la FDIH a réagit à l'inculpation de l'ancien ministre de la Défense. Il souhaite que la lumière soit faite dans l'affaire Sanogo.
« Pour nous cette arrestation marque une grande avancée dans la lutte contre l'impunité au Mali et conforte les défenseurs des droits de l'homme dans leur combat. Nous saluons le courage du juge Yaya Karembé qui est entrain de faire de cette lutte une réalité. Nous demandons surtout aux autorités politiques de laisser ce juge poursuivre son travail en toute indépendance afin que tous ceux qui ont une part de responsabilité dans la commission des crimes répondent de leurs actes devant la justice.
Est ce que cette arrestation est un signe positif pour l'indépendance de la justice au Mali ?
Bien sûr, il y a un certain moment où personne n'aurait cru que l'on pourrait arrêter quelqu'un d'un tel statut, quelqu'un qui est directement rattaché à la présidence de république».

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