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"De nombreux crimes restent impunis" au Mali selon un expert de l'ONU.

Catégorie

Politique

Publication

dimanche 2 mars 2014 15:08

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« Des avancées mais des progrès restent à faire sur la situation des droits de l'homme». C'est le bilan que tire Souleyman Baldo, expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Mali.

Souleymane Baldo Expert indépendant des Nations Unies a effectué une mission au Mali du 17 au 26 février. A l'issue de sa visite il a constaté des avancées, mais selon lui , « des progrès restent à faire sur la situation des droits de l'homme ». Outre les instances gouvernementales (nationales et locales), les responsables de la société civile et de certaines associations, notamment des victimes des crimes commis durant l'occupation dans le nord, et des leaders religieux Souleymane Baldo a rencontré en novembre des représentants du MNLA et du HCUA lors d'une courte visite à Kidal.
Premier constat de Souleymae Baldo la stabilisation partielle de la situation sécuritaire dans le nord qui reste toujours secoué par des mouvements de groupes armés et des attaques de groupes criminels contre les populations civiles. Selon selon lui l'administration est de retour dans certaines zones mais manque de moyens pour sécuriser les zones affectées, ce qui a un impact important sur la protection des civils, et notamment le retour des personnes déplacées et réfugiées.
Souleymane Baldo insiste sur les trois axes prioritaires pour s'assurer de l'efficacité de la lutte contre l'impunité, le renforcement de l'état de droit, la nécessité de poursuivre devant la justice les auteurs de crimes graves de violations massives des droits de l'homme et du droit humanitaire international, et enfin la lutte contre la corruption.
Pour lui de grands progrès ont pu être constatés en ce qui concerne les poursuites judiciaires, notamment dans l'affaire de la disparition et des crimes commis contre les Bérets verts. Selon lui « on peut y voir une indépendance certaine de la justice dans le traitement de ces affaires ». Pour autant selon lui "malgré les efforts louables des autorités dans la lutte contre l'impunité pour les crimes imputés à l'ex-junte militaire la justice malienne éprouve d'énormes difficultés dans la poursuite des auteurs présumés des crimes graves commis par les groupes armés durant l'occupation du nord du pays et des exactions commises par certains éléments" de l'armée malienne "pendant la libération de cette partie du territoire" Toutefois pour Souleymane Baldo « l'éloignement entre les juridictions en charge des dossiers du Nord, qui sont basées à Bamako, et les victimes et les lieux où ont été commis les crimes représente un obstacle majeur pour la justice malienne. De nombreux crimes restent de ce fait impunis"
En revanche, il déplore le manque de moyens, notamment en termes de personnels de justice sur place, permettant la poursuite des auteurs des crimes graves commis dans le nord pendant la crise, et qui ne font pas encore l'objet d'enquêtes.Par ailleurs, selon lui « des membres ou collaborateurs présumés des groupes armés qui ont été arrêtés dans le nord du pays sont détenus pendant de longues périodes, au-delà du délai légal et sans jugement, à cause du manque de moyens pour l'organisation de missions d'enquête dans le Nord".
L'expert de l'ONU a appelé les autorités maliennes à accélérer les enquêtes dans le nord du pays en prenant des mesures permettant à la justice de faire son travail.Il a aussi appelé la communauté internationale à appuyer le Mali pour permettre aux magistrats de mener leurs enquêtes sur le terrain, et faciliter l'accès des victimes à la justice.
Tous les éléments rassemblés par l'expert indépendant des Nations Unies sur les droits de l'homme, assisté dans sa tâche par l'équipe des droits de l'homme de la MINUSMA, seront intégrés dans le rapport qu'il soumettra devant le Conseil des droits de l'homme le 26 mars prochain.

Durant sa visite, Suliman Baldo a rencontré plusieurs ministres maliens, des responsables de la justice, de l'armée, des représentants de l'ONU, de la société civile et d'organisations de défense des droits de l'Homme, d'après le communiqué du HCDH.

Il a aussi visité des lieux de détention et s'est rendu à Gao, la plus grande ville du Nord (près de 1.200 km de Bamako). Il doit présenter à l'ONU son rapport le 26 mars.


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Kidal MNLA impunité