IBK propose un médiateur pour relancer les négociations avec les groupes armés

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Politique

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jeudi 17 avril 2014 18:00

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Le président Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé hier son intention de nommer prochainement une personnalité en charge de conduire des pourparlers avec les groupes rebelles du nord du pays. Selon lui il va s'agir d'une « personnalité dont le sens de l'Etat et de la patrie, la probité et le courage politique sont de notoriété avérée ».

Le président souhaite que cette personnalité « conduise les négociations dans le cadre d'un accord politique avec les groupes rebelle »s. Cette précision a été apportée par Mahamadou Camara, le ministre de la communication du gouvernement. Selon ce dernier, cette personnalité « est sur le point d'être désignée ». Sans préciser le calendrier de son installation, le ministre a estimé que les négociations devraient s'engager rapidement après la nomination du médiateur. Celui ci aura en charge de conduire sous l'autorité du chef de l'état, les pourparlers avec les groupes en rébellion et avec l'ensemble des communautés du nord. La désignation imminente du négociateur pour la crise du nord intervient deux jours après la mise en cause par le chef de l'état du MNLA, accusé de « duplicité ». Ces accusations n'ont pas suscité à ce jour de réaction négative du groupe armé. Depuis le début de la semaine IBK a repris l'initiative sur ce dossier et a réaffirmé par la voix du ministre de la communication sa volonté de tenir les négociations à Bamako.
Le Mouvement national de libération de l'Azawad réagit favorablement à cette annonce du gouvernement malien. Il prend acte de la nomination d'un médiateur en soulignant que ce n'est pas une initiative nouvelle. Durant la transition un médiateur avait déjà été désigné.
Attaye Ag Mohamed est conseiller du président du MNLA. Issa Fakaba Sissoko l'a joint au téléphone.
« Nous, nous pensons que ce n'est pas une chose nouvelle. Ce fut le cas de son prédécesseur sous la transition, qui a nommé il y a quelques mois M. Tiéblé Dramé comme médiateur national lors de l'accord de Ouaga. Pour nous c'est bien, car cela prouve que le gouvernement malien s'est lancé dans ce qu'il devait faire depuis 60 jours après les élections. C'est ce médiateur national qui vient d'être désigné. Mais il faut comprendre que celui-ci représentera la partie gouvernementale autour de la table des négociations. Nous attendons donc que cette négociation se fasse avec un médiateur international.
Pour ce qui concerne la création d'une agence nationale pour le développement régional, j'appellerai cela un pas en avant, un pas en arrière. Parce que, aller déjà planifier le développement des régions de l'Azawad sans au préalable un accord global, c'est faire un double jeu. Il faut que le gouvernement malien comprenne que rien ne pourra se passer dans cette région de l'Azawad tant qu'il n'y a pas un accord qui dit clairement ce qui est prévu, c'est à dire octroyé à ces régions leur statut administratif et institutionnel ».