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« Front uni contre le terrorisme » entre le Mali et l'Algérie

Catégorie

Politique

Publication

mardi 22 avril 2014 16:36

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L'Algérie et le Mali se sont entendus pour lutter ensemble « contre le terrorisme » au Sahel. Les deux pays ont appelé à un dialogue inter-malien inclusif dans les « meilleurs conditions et délais ». Les travaux de la 2e session du Comité bilatéral stratégique algéro-malien sur le Nord-Mali auquel participait le ministre Zahabi Ould Sidi Mohamed se sont achevés hier à Alger.

Dans un communiqué commun les deux voisins « ont décidé de faire front uni contre le terrorisme, le trafic de drogue et le crime organisé ». Les deux parties ont aussi réitéré « leur volonté de parvenir à la libération des diplomates algériens du consulat d'Algérie à Gao, enlevés le 5 avril 2012 . Ces derniers sont toujours pris en otage depuis . D'autre part le Mali a demandé à la partie algérienne de poursuivre ses bons offices pour permettre le lancement, dans les meilleurs conditions et délais, du dialogue inter-malien. Un dialogue qui doit être inclusif. Le document commun acte en quelque sorte les déclarations du ministre malien de la réconciliation nationale qui a déclaré que « les groupes armés pourront se retrouver de façon formelle en Algérie avant d'aller en négociations au Mali ». Enfin Alger a encouragé Bamako à « intensifier et accélérer » le processus de réconciliation nationale. Des voix se font entendre pour la résolution de la crise au Nord. Certains observateurs préconisent l'option de plusieurs partenaires comme l'Algérie et le Maroc pour éviter une médiation unique . C'est l'avis de Ousmane Kornio, spécialiste des questions de sécurité et en gestion des conflits. Pour lui, l'implication de l'Algérie, n'a d'autre objectif que la libération de ses otages enlevés avril 2012 à Gao . Issa Fakaba Sissoko a rencontré Ousmane Kornio.

« Cette implication de l'Algérie n'est vraiment pas pour résoudre la crise, c'est pour pouvoir libérer leurs otages. Je crois que le message est très clair, c'est par rapport au terrorisme. Il ne s'agit point de la libération du Nord, ni de la résolution de la crise, bien qu'ils aient toujours l'intention de conserver leur position d'intermédiaire, comme ils l'ont toujours été. Ils verraient d'un mauvais œil le rapprochement du Mali avec leur éternel concurrent le Maroc. L'Algérie est incontournable, mais quant au fait qu'elle devienne le médiateur principal dans cette crise, comme elle l'a toujours été, moi je dis qu'on a vu les limites. Tamarasset, le Pacte National et l'Accord d'Alger, tout cela c'était sous la coupe de l'Algérie. Après, il y a toujours eu une reprise de la crise. Je crois qu'il faut penser plutôt à une autre alternative : ni l'Algérie, ni le Maroc, mais une forme d'internationalisation de la médiation en choisissant l'Algérie et le Maroc comme des partenaires, c'est à dire des facilitateurs, sans qu'ils ne soient des médiateurs attitrés ».


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Nord Algérie coopération