L'otage Gilberto Rodriguez Leal lors d'une vidéo tournée par ses ravisseurs

Gilberto Rodrigues Leal otage du Mujao au Mali est mort

La disparition de l'un des deux otages français retenus par le Mujao au Mali a été annoncée mardi sans plus de précisions par le mouvement, dans un contact téléphonique avec l'AFP.
Dans une déclaration dimanche, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s'était dit «très inquiet» concernant le sort de Gilberto Rodrigues Leal enlevé en novembre 2012 au Mali.

Selon la présidence française «il y a tout lieu de penser que Gilberto Rodrigues Leal est décédé depuis plusieurs semaines du fait des conditions de sa détention» . A ce jour, aucune preuve matérielle ne permet de confirmer la mort de Rodrigues Leal. Au moment de son rapt, Gilberto Rodrigues Leal, circulait dans un camping-car. Ce sexagénaire retraité, profitait de son temps libre pour voyager. Il arpentait les continents à bord de son véhicule avec lequel il avait déjà traversé le Brésil. Dans un communiqué l'Elysée a annoncé que « la France fera tout pour connaître la vérité sur ce qui est arrivé à Gilberto Rodrigues Leal et qu'elle ne laissera pas ce forfait impuni».
La famille de Gilberto Rodrigues Leal, a exprimé sa colère contre les autorités françaises et les médias, qui ont selon elle ont oublié «les deux otages du Mali».
Après l'annonce de la mort de Gilberto Rodrigues Leal , il ne reste plus qu'un seul otage français dans le Sahel, Serge Lazarevic, enlevé en novembre 2011 à Hombori, dans le nord du Mali.
Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a souligné mercredi que «jamais» le gouvernement n'avait «lâché un otage», répondant ainsi aux critiques de la famille de Gilberto Rodrigues Leal. «On ne réussit pas à chaque foi», a déploré le ministre , assurant que le gouvernement se montrait «discret» mais «déterminé» dans ces affaires. Le porte-parole du gouvernement a cependant dit « comprendre la douleur de la famille, des proches, des amis» et «le fait qu'ils puissent avoir des reproches à faire».
«Mais en même temps, je le dis de manière très claire: l'Etat, la France, le Président de la République, le Premier ministre et l'ensemble des ministères et en particulier les services du ministère des Affaires étrangères comme de la Défense sont totalement et toujours mobilisés pour sortir les otages de la situation dans laquelle ils sont engagés», a-t-il affirmé. Cet engagement, a-t-il martelé, concerne «tous» les otages.
«La France fera tout pour connaître la vérité sur ce qui s'est passé», a encore assuré Stéphane Le Foll qui a indiqué que le président François Hollande et le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avaient également témoigné en Conseil des ministres de leur «solidarité» avec la famille de Gilberto Rodrigues Leal.
Selon des observateurs du terrorisme au Mali , la mort de l'otage français n'est pas forcément consécutive à un manque de mobilisation. Ainsi pour Souleymane Drabo , le travail de négociation s'est plutôt fait dans la discrétion, notamment sous la houlette de l'Ambassadeur de France au Mali, qui a « multiplié les contacts avec les ravisseurs pour obtenir la libération des otages». Issa Fakaba Sissoko a rencontré Souleymane Drabo, ancien directeur de publication du quotidien national l 'Essor:
« C'est vrai qu'il y a eu beaucoup moins d'articles de presse, d'émissions télé et de radio sur M. Gilberto Rodrigues Leal, mais je pense que derrière cela, dans la discrétion, les services français, aussi bien que maliens, ont travaillé pour avoir les informations sur ces otages, aussi bien sur Gilberto que sur Serge Lazarevic.
Est-ce que cette mort constitue une menace pour la vie des autres otages retenus dans le Sahel ?
Cela est difficile à dire. Parce qu'il semble que M. Gilberto Rodrigues Leal était malade. Je crois que l'hypothèse la plus probable est qu'il est mort faute de soins. C'est ce que semble privilégier différentes sources contactées depuis hier. Cela veut dire que les ravisseurs ne l'ont pas abattu, exécuté, mais ils l'ont laissé mourir. Vous me direz que ça c'est vrai. Mais ils se sont servis de cette mort pour culpabiliser la France et rejeter la responsabilité sur celle-ci et son intervention dans le Nord de notre pays. Ce qui était de bon gré et compréhensible de leur point de vue ».