Abdoulaye Diop devant le Conseil de sécurité : les négociations sont la « première priorité » du gouvernement

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Politique

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jeudi 24 avril 2014 16:47

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Le gouvernement malien devrait aller très vite dans le processus de négociation avec les groupes armés du nord. Le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a pris cet engagement hier devant le Conseil de sécurité à New-York qui réclame d'urgence une feuille de route.

Pour Abdoulaye Diop l'aboutissement des négociations est la « première priorité ». Le ministre a affirmé que le processus devrait pouvoir aller très vite avec les bons offices de l'ONU et des pays voisins, dans les jours à venir. Selon lui la nomination par Bamako d'un négociateur en chef, témoigne de la volonté de son gouvernement d'élargir ce dialogue « à toutes les composantes de la société civile au nord du Mali ». Abdoulaye Diop a insisté sur le fait qu' « il ne peut y avoir de solution durable aux problèmes de sécurité dans le Nord sans un processus politique inclusif, ouvrant la voie au rétablissement de l'ordre public, à l'accès égal de tous les Maliens aux services publics et à la réconciliation entre les communautés ». Dans une déclaration unanime publiée à l'issue de leurs consultations, les membres du Conseil ont exprimé « leur préoccupation devant le manque de progrès des négociations » entre Bamako et les rebelles du Nord. Ils ont demandé aux deux camps de « se mettre d'accord d'urgence sur une feuille de route » pour assurer le succès des négociations..
Pour Albert Koenders, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies « un dialogue politique inclusif reste la première priorité et il doit impérativement démarrer dans les meilleurs délais ». Il est également « urgent d'avoir une feuille de route consensuelle qui se traduise en actions concrètes de la part du gouvernement, des mouvements et de la société civile ».
« Le train de la paix a définitivement quitté la gare et il ne pourra pas faire marche arrière », a-t-il insisté devant le Conseil. Il a cependant lui aussi estimé que la sécurité dans le Nord restait « très fragile ».
Le Mouvement arabe de l'Azawad, MAA, estime que les déclarations tenues hier au Conseil de sécurité de l'ONU ne sont pas nouvelles. Le groupe armé pense que l'insécurité dans les villes du Nord est due principalement à « l'absence d'un dialogue de réconciliation ».
Le secrétaire général du MAA, Sidy Mohamed Ould Mohamed, joint par Issa Fakaba Sissoko.
« Je pense que cela a toujours été dit. Le Mali a toujours dit qu'il veut la paix, qu'il est prêt pour la réconciliation, etc. Mais ça n'a jamais été le cas. Si nous avons signé l'Accord de Ouaga, reconnaissant l'intégrité du territoire, le reste je ne vois de problème. Le fait de dire qu'on le fait et qu'on ne le fait pas...c'est ce qui a fait que le Mali est tombé lui-même dans cette situation chaotique.
Est-ce que vous ne pensez pas que la situation tendue aujourd'hui sur le terrain (avec des roquettes qui tombent et un véhicule qui a sauté hier) ne participe pas à bloquer le processus ?
Exactement ! C'est le fait que le processus soit bloqué que les uns et les autres ont le temps de faire du n'importe quoi. Sinon si tous les maliens sont réconciliés, si on s'attache la ceinture pour la sécurisation de notre territoire... je ne vois pas pourquoi des roquettes vont continuer à tomber. En tout s'il doit y avoir des roquettes, ce sera moins que maintenant ».