Un plan de négociation entre les groupes armés et le gouvernement dans les deux mois

Catégorie

Politique

Publication

lundi 28 avril 2014 16:42

Affichage

1034

Un plan pour relancer le dialogue et les négociations au Mali. L'annonce a été faite hier par le ministre malien de la Réconciliation nationale Zahabi Ould Sidy Mohamed qui sur instruction du président a appelé au dialogue entre le gouvernement et les groupes armés du nord du pays.

Selon les grandes lignes de ce plan Zahabi Ould Sidy Mohamed effectuera prochainement une visite dans plusieurs pays voisins du Mali pour convaincre les dirigeants des groupes armés, dont la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), « de rejoindre la table du dialogue ». Il se rendra notamment à Ouagadougou, Nouakchott et Alger, accompagné de l'ancien Premier ministre malien Modibo Kéïta, récemment nommé « haut représentant du chef de l'Etat pour le dialogue inclusif inter-malien ». Ensemble ils rencontreront également les chefs d'Etat des pays visités.Selon le plan « dans un premier temps, tous les groupes armés du nord du Mali seront invités à participer en Algérie à une réunion exclusivement consacrée à eux, pour qu'il dégagent une plateforme commune, pour harmoniser leurs points de vue avant le début du dialogue ».
Les représentants de la société civile de toutes les régions administratives du Mali ainsi que des représentants du gouvernement malien assisteront également aux futures négociations, indique le même document. »Nous comptons évidemment sur d'autres partenaires privilégiés comme la France, la mission de l'ONU au Mali (Minusma), sur l'Union européenne, sur le Maroc, l'Algérie, le Burkina Faso et d'autres pays pour jouer un rôle de facilitateur, afin de soutenir le processus de paix », a commenté le ministre malien de la Réconciliation nationale.
Selon lui, une fois les "premières démarches effectuées, en principe, dans soixante jours, les négociations directes se dérouleront à Bamako".
Les négociations entre le gouvernement malien et les différents groupes armés, notamment touareg, du nord du Mali avaient repris timidement il y a quelques semaines, chaque partie accusant l'autre de ne pas respecter ses engagements.
Le MAA, Mouvement Arabe de l'Azawad, salue la relance des négociations par le gouvernement malien. Il estime toutefois que le calendrier reste trop lent. Par ailleurs son secrétaire général, Mohamed Ould Sidi Ould, préconise la continuité de la médiation avec le burkinabé. Issa Fakaba Sissoko l'a joint au téléphone.
« Pour nous, c'est une bonne chose de relancer les pourparlers pour ramener la paix et la quiétude au Mali. Mais nous constatons que le temps donné par le gouvernement est un peu long. Plus on prend du temps, plus il y a moins de quiétude.
Pour ce qui concerne l'Algérie, tout le monde n'y est pas favorable.
Votre mouvement, lui, est-il favorable ?
Pour l'instant, je ne peux pas vous donner la certitude qu'on est favorable ou pas. Car les uns et les autres ne se sont pas encore concertés. Ce qui était favorable, c'était le choix du premier médiateur qui a conduit à l'Accord de Ouaga. C'est ce que tout le monde s'était mis en tête ».
Contrairement au MAA, la Coalition pour le peuple de l'Azawad, CPA, rejette en bloc le plan de relance des négociations proposé par le ministre de la réconciliation. Pour son président, « ce plan a été décidé de manière unilatérale».
Issa Fakaba Sissoko a contacté Mohamed Assaley.
« Le plan de M. Zahabi Sidi Ould Mohamed tombe comme le cheveux dans la soupe. Car, il intervient dans un processus déjà entamé depuis la signature de l'Accord de Ouagadougou le 18 juin 2013.
Il décide unilatéralement de son plan sans consulter, et sans savoir qu'il n'est pas le négociateur désigné par le président de la République du Mali. Il est un ministre chargé de la réconciliation nationale, qui ne peut œuvrer que dans ce domaine. C'est à dire les rencontres inter et intra communautaires, mais pas dans le cadre des négociations proprement dites avec les mouvements de l'Azawad ».