Les chefs d'Etat de la CEDEAO

Les chefs d'Etat de la CEDEAO au chevet du Sahel

Un sommet extraordinaire des chefs d'Etat de la CEDEAO sur la sécurité au Sahel s'est ouvert aujourd'hui à Accra dans la capitale ghanéenne. Sous l'égide du président en exercice de la CEDEAO, les présidents de la sous-région devront se pencher sur la situation au Nigeria, mais aussi celle du Mali après les récents événements à Kidal.

Au total 15 chefs d'Etat, dont IBK, participent à ce sommet. Au cœur de leurs discussions : le Nigeria avec les jihadistes de Boko Haram et le Mali, avec le dialogue entre Bamako et les groupes armés du Nord.
Ce sommet est une réunion d'urgence à plusieurs titres. D'une part Boko Haram qui continue ses attaques dans le nord du Nigeria, avec trente-cinq morts mercredi dans une action terroriste.
Aussi, la crise malienne revêt un enjeux majeur de ce sommet. Un diplomate a confié à RFI que la CEDEAO devrait d'abord condamner les violences récentes à Kidal. Le sommet d'Accra devra donc pousser Bamako et les groupes rebelles à inscrire leurs actions dans la dynamique de relance rapide du processus de dialogue inclusif.
Hier, les groupes armés et le Haut représentant du chef de l'Etat se sont rencontrés au Burkina Faso. Leurs discussions se poursuivent aujourd'hui. Pour le ministre burkinabé des affaires étrangères, représentant du médiateur de la CEDEAO, « il faut aller maintenant vers des choses concrètes ».
Pour Djubril Bassolé, il est urgent de concrétiser l'article 21 de l'Accord de Ouaga relatif à la mise en œuvre de l'agenda des négociations. Il a aussi évoqué « l'échange des prisonniers entre les parties ». Sur cette question, le ministre malien de la communication exprime la bonne foi du gouvernement malien, tout en précisant que l'intégrité du territoire et le caractère laïc de l'Etat ne sont pas négociables.
Le sommet d'Accra est loin d'être un sommet de plus sur la sécurité au Sahel, analyse Ousmane Cornio, spécialiste des questions de sécurité et de gestion des conflits. Issa Fakaba Sissoko l'a rencontré.
« Ce sommet n'est pas un sommet de plus. C'est vraiment le sommet qu'il faut, il s'impose parce que la situation est très grave. Elle est aussi grave au Nigeria qu'au Mali. Les gens ne mesurent peut être pas toute l'ampleur de la situation, mais elle est vraiment grave pour ceux qui connaissent tous les éléments constitutifs de ces deux dossiers.

Je crois que ce sommet permettra aux chefs d'Etat de mieux cerner la situation comme elle se présente, de pouvoir faire appel à qui ? (de l'opinion et des forces internationales). En tout cas de coordonner la médiation et l'action sur les deux pays terrain et de pouvoir s'en sortir.
Une fois de plus je crois que les présidents africains sont interpellés pour prendre leur responsabilité. Il faut d'abord qu'on compte sur nos propres forces coordonnées, nos stratégies, nos efforts nos démarches coordonnés, vers la mobilisation de l'opinion et des forces internationales. Je crois que ce sommet peut servir à cela ».