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Amnesty International Mali dénonce les exactions contre les femmes.

Catégorie

Société

Publication

vendredi 28 février 2014 17:01

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La 22ème assemblée générale annuelle d'Amnesty International Mali, s'est déroulée ce vendredi matin à Bamako. Placée sous le thème de la lutte contre la torture, la réunion est revenue sur les violations des droits de l'homme commises au Mali sous la junte par les militaires, et par les jihadistes au nord et au sud du pays.

Mariam Maiga a rencontré la présidente d'Amnesty International Mali, Mme Keita Mariam Touré.

Quel bilan tirez-vous de l'année 2013 ?
« En 2013, nous avons recensé beaucoup de violations à travers le Mali. Elles ont été commises entre autre par les groupes armés, par l'armée régulière, par les populations, par les milices, et les jihadistes .
C'est une situation que nous avons recensé dans un agenda sur les droits humains. Nous l'avons présenté aux autorités compétentes. Nous sommes en train de faire le plaidoyer pour qu'on trouve des solutions.
Mais ce qu'on peut dire c'est qu'il y a eu beaucoup d'exactions contre les femmes et des filles, notamment dans le nord et dans le sud du pays. Il ne faut pas oublier les différents événements qui ont eu lieu dans le sud, notamment le contre coup d'État, ou encore les événements du 30 septembre ».
Quelles sont pour vous les dossiers les plus brûlants en ce moment ?
« En ce moment nous avons en main le dossier des bérets rouges. Nous avons été approchés par les parents des victimes pour qu'on les aide. Nous avons beaucoup fait en terme de plaidoyer, pour qu'on arrive à des arrestations. Nous luttons contre les disparitions forcées. Nous ne pouvons pas tolérer que quelqu'un disparaisse de sa ville ou de son pays sans savoir où il se trouve. C'est pourquoi nous nous sommes engagés pour que la vérité éclate dans ce dossier.
Il y a aussi la question de la peine de mort sur laquelle nous sommes en train de travailler. Avec la crise au nord et l'islamisme radical , les gens ont peur d'aborder cette question . Nous lutons pour qu'elle soit abolie .
L'autre dossier brûlant est la résolution de la crise au Mali. Celle ci ne peut pas se faire avec les seuls maliens . Nous avons obtenu un traité sur le commerce illicite des armes. Ce traité a été ratifié au Mali . Mais on peut dire que dans la crise que le Mali a traversé, le Mali n'est pas seul. Il faut que les pays voisins le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Niger et la Mauritanie ratifie ce traité.Vous comprenez que le Mali qui a 7 frontières avec d'autres pays va recevoir des armes venues d'autres pays et il sera impossible de contrôler les trafics. Donc, il faudrait que tout les pays du champs se donne la main ».

La mise en place de la commission justice vérité réconciliation selon vous ne tarde-t-elle ?
« Il faut respecter certains principes avant que la commission ne puissent fonctionner. Il faut l'adhésion de la population à la commission. Il faut que la population ait confiance dans cette commission . Il faut un travail de conciliation populaire. Nous devons consulter les gens et surtout les victimes. Partout où il y a eu des commissions justice vérité réconciliation, les consultations préalables ont été fondamentales. C'est elles qui augurent de la réussite de la commission. J'estime que la mise en place de la première commission a été précipitée et n'a pas respecté les principes de fonctionnement d'une bonne commission pour la réconciliation » .
Que pensez vous du processus de discussions entamé entre l'État et les groupes armés ?
« Le Mali est signataire d'accords. Ce sont ces accords qui nous a permis l'organisation des élections. Donc dans la suite de ces accords, je pense qu'établir le dialogue avec ces groupes là est une bonne chose. Il faut l'établir car nous avons besoin de garanties pour installer le processus de réconciliation. Il ne sert a rien de faire un accord aujourd'hui pour que demain tout reprenne » .