En deux ans près de 90 personnes sont mortes à cause des mines au Mali

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Société

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vendredi 4 avril 2014 18:09

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Depuis mars 2012, 87 personnes, dont plus de la moitié étaient des enfants, sont mortes au Mali à cause des mines disséminées sur le territoire pendant la crise. Aujourd'hui c'était la journée internationale de lutte contre les mines et les engins explosifs. Depuis l'adoption de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel à Ottawa en décembre 1997, 44 millions de ces engins de mort ont été détruits par les états adhérents à cette convention.

En deux ans près de 90 personnes, en majorité des enfants , sont mortes au Mali à cause des mines. Selon l'UNMAS, le service anti-mine des Nations Unies, plus de 1000 « restes d'explosifs de guerre » ont causé d 'importants dégâts dans le Nord du pays. L'UNMAS a procédé à l'évaluation et au marquage des zones polluées par les mines et autres restes de guerre. Cette unité des Nations Unies a également assuré la dépollution systématique des écoles de Gao et de Tombouctou, occupées par les jihadistes au plus fort de la crise. Les bâtiments administratifs des trois régions du Nord ont également été passés au peigne fin pour réduire les risques liés à la présence de ces armes. En tout, ce sont plus de 760 villages du nord qui ont été concernés par l'opération. Au total, les actions de déminage ont été menées dans 1200 communautés ,au centre et au nord du Mali . De plus l'UNMAS a formé et équipé 80 personnes au déminage et 60 autres à gestion des stocks d'armes et de munitions. En tout, plus de 1700 personnes ont reçu une sensibilisation aux menaces explosives. La présence de mines et des explosif dans le nord du pays compromet le retour des déplacés et réfugiés et paralyse l'activité économique et l'assistance humanitaire.
Pour accélérer la lutte contre les mines et les engins explosif les forces de sécurité du Mali bénéficient de l'expertise de l'opération Serval et de l'UNMAS. Keba Sangaré, est chef des opérations de l'armée malienne à Tombouctou.
« Quel bilan peut-on tirer de la lutte anti-mine dans les régions du Nord ?
C'est très difficile à notre niveau de faire un bilan mais, je préfère parler beaucoup plus de la région de Tombouctou dont j'ai la charge . A Tombouctou, on peut dire qu' il y a moins de mines mais si on les met dans la catégorie des engins explosifs improvisés, on peut les rencontrer par-ci par-là.
Avez vous une idée du nombre de mines détruites ou désamorcées ?
A Tombouctou en ce qui concerne les mines anti-personnelles, antichar, nous n'avons pratiquement pas rencontré sur le terrain ; donc on peut dire qu' on n'a pas fait contact direct avec les mines.
Les mines ont-elles causées des dégâts, si oui de quelle nature ?
A notre arrivée en janvier, on a vu un seul cas où un islamiste a posé une mine et par mauvaise manipulation, il a dû monter sur la mine. On est venu trouver qu'il y avait une explosion de mine, l'islamiste qui était juste à côté a perdu la vie. Après on n'a plus vu de cas de destruction ou de blessure dues aux mines.
Est-ce que vous avez d'autres partenaires ou des structures qui vous aident dans cette lutte ?
D'abord le premier partenaire de l'armée c'est la direction du génie militaire où il y a des spécialistes des mines. Et, au niveau de Tombouctou il y a une équipe qui s'occupe de la recherche et de la destruction éventuelle aussi bien des mines que des engins improvisés. Mais au delà, il y a l'équipe génie de Serval et l'UNMAS des Nations Unies. Donc ensemble toutes ces structures travaillent au profit des militaires, de la population pour la recherche et surtout la destruction ou la désactivation des mines ou des engins explosifs improvisés.
Avez-vous les moyens pour mener cette lutte ?
Les trois entités Serval, Nations-Unis et puis les FAMA, nous sommes co-responsables donc nos actions sont complémentaires. Avec une synergie d'action et surtout l'information donnée par la population, nous pouvons faire face à ces engins explosifs improvisés ».


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