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Fièvre ébola: inquiétude à Bamako.

Catégorie

Société

Publication

samedi 5 avril 2014 16:23

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L'inquiétude règne cette fin de semaine à Bamako, après l'annonce jeudi de trois cas suspects au Mali. Ils ont été placés en isolement Des prélèvements,effectués sur eux ont été envoyés aux Etats-Unis pour analyse, selon les autorités sanitaires.

Le ministre malien de la Santé, Ousmane Koné a assuré qu' ils se portaient mieux, « Nous n'avons pas, relevé de saignements »un des symptômes de l'Ebola, , a déclaré le ministre
Selon les autorités, les trois cas suspects, des Maliens, qui travaillaient dans une zone à la frontière Mali-Guinée ont été repérés séparément à leur arrivée, après avoir voyagé par la route.

L'épidémie dans la région est jugée sans « précédent » par MSF et préoccupante par plusieurs spécialistes.La flambée « n'est pas encore sous contrôle a priori » et « il y a une grande dispersion des patients », a estimé Sylvain Baize, chef du Centre national de référence des fièvres hémorragiques virales de Lyon en France. C'est lui qui a été le premier a identifier le virus en Guinée
Parmi les mesures de prévention le Mali déconseille « les déplacements non nécessaires vers les zones d'épidémie ».
Les populations de Lassa en commune IV du district manifestent depuis le jeudi dernier contre l'installation des cas suspects de virus Ebola dans leur quartier. Les manifestants malgré la répression policière était décidé. Ils ont fini par avoir gain de cause. Les 4 cas suspects ont été ramené hier vendredi dans la nuit de Lassa pour une destination inconnue. Nous avons joint un habitant de Lassa, Oumar COULIBALY c'est son nom, écoutez son témoignage sur ces manifestations.
Depuis le jeudi matin les manifestations ont commencé, et ont pris fin le vendredi à partir de 20h00, 21h00. La police était là, c'était pour faire disperser la foule. Il y a eu des accrochages entre la population et la police: des jets de pierres, de gaz lacrymogène.
Vous avez pu avoir gain de cause, est ce que on a fait partir les cas suspects?
On les a fait partir vendredi nuit, à partir de 20h00.
Il suffisait seulement dire que je suis un habitant de Lassa, la population Bamakoise commençait à se méfier et conservait une grande distance à l'égard des habitants de Lassa, ce qui ne pouvait pas du tout continuer. Il y a aussi nos jeunes qui travaillent dans des ministères et autres, qui lavent les voitures. Eux, on les a expressément sommé de rester à la maison, jusqu'à ce qu'on puisse trouver une solution à cette situation. Un sentiment de frustration et d'amertume, c'est ce qui les a poussé à aller manifester contre les cas suspect qui se trouvaient à Lassa. Aucun habitant de Lassa n'était contaminé.

Des équipes médicales françaises ont été déployées à l'aéroport de Guinée Conakry « pour limiter au maximum »le risque d'une arrivée sur le sol français du virus Ebola apparu en Afrique de l'Ouest, a annoncé samedi la ministre française des Affaires sociales Marisol Touraine, tout en assurant qu'il s'agissait juste de mesures de précaution.

L'épidémie de fièvre Ebola en Afrique de l'Ouest est « grave » et « inquiétante » car c'est la première fois que ce virus très dangereux pour l'homme « émerge »dans cette zone peuplée du continent africain, explique à l'AFP le spécialiste Sylvain Baize.

Le Dr Baize dirige le Centre de référence des fièvres hémorragiques virales, basé à Lyon (France), qui a été le premier à poser le diagnostic de l'épidémie en cours en Guinée. Des cas avérés, probables ou suspects de fièvres Ebola ont été signalés dans les pays voisins (Liberia, Sierra Leone et Mali).

Q: Cette épidémie est-elle grave, inquiétante ?

R: « Elle est grave parce qu'elle n'est pas encore sous contrôle a priori et parce qu'il y a une grande dispersion des patients. On a des cas dans la capitale (Conakry) (...) et dans des zones reculées (...). Elle est inquiétante parce que c'est la première émergence du virus Ebola en Afrique de l'Ouest en terme d'épidémie humaine et parce qu'avant, la circulation du virus était limitée à l'Afrique centrale. Sa présence dans cette région (densément peuplée) augmente le nombre de personnes à risque ».

Q: Quels sont les risques de voir ce virus passer des frontières ?

R: « Ce virus a déjà passé des frontières puisqu'il y a des cas au Liberia. Le risque qu'il se retrouve en Europe est heureusement extrêmement limité (...) parce que le foyer principal de l'épidémie reste dans la zone forestière de Guéckédou, une zone assez reculée. (...) Ebola est une maladie qui apparaît très brutalement et très rapidement, les patients ne sont plus en état de voyager et donc cela limite les possibilités de propagation du virus ».

Q: Les nouvelles suspicions de cas au Liberia et au Mali changent-elles la donne ?

R: « Le cas suspect du chasseur au Liberia pose des questions s'il est confirmé et s'il est vrai qu'il n'a eu aucun contact avec l'épidémie actuelle. Cela pourrait vouloir dire que ce virus circule de manière massive dans la forêt par l'intermédiaire des chauves-souris et qu'il y a peut-être une épidémie en cours chez les grands singes ».

Q: Où se trouve le réservoir de ce virus ?

R: « Très probablement chez les chauves-souris. C'est le réservoir préféré des virus. Les chauves-souris se portent très bien avec le virus (Ebola) et le transmettent .
L'hypothèse la plus probable est que l'épidémie (en Afrique de l'Ouest) soit liée à l'introduction du virus par l'intermédiaire de chauves-souris mais cela reste à démontrer ».

Q: Quels sont les temps d'incubation, les symptômes, la dangerosité et le mode de contamination de cette maladie?

R: « La maladie survient entre quatre et 10 jours après le contact avec le virus.
Le tableau clinique démarre avec une fièvre brutale qui peut être accompagnée de douleurs articulaires et abdominales, de toux. Rapidement, on observe des diarrhées, des vomissements et puis le tableau va s'aggraver avec des saignements internes ou externes, une défaillance respiratoire, hépatique et rénale. Rapidement le patient (...) va décéder d'une défaillances multi-viscérale (de plusieurs organes).
Avec l'espèce Zaïre (du virus Ebola, qui a été retrouvé en Guinée), on a un taux de létalité (proportion des personnes atteintes qui décèdent) de 70 à 90%.

La contamination se fait par contact avec les fluides biologiques d'un malade (sang, sécrétions etc). »

Q: La quarantaine semble la seule mesure. Pourquoi n'y a-t-il pas de traitement contre Ebola?

R: « On est généralement assez démuni face aux virus (...). Pour le virus Ebola, on n'a pas de traitement aussi parce qu'en 40 ans, ce virus n'a tué que 1.500 personnes et est à l'origine de 2.000 cas. C'est difficile de réaliser des études et de développer des médicaments contre des pathologies qui ont un impact relativement modéré ».