Le général Sanogo inculpé de complicité d'assassinat

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Société

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samedi 26 avril 2014 13:38

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L'ordonnateur du coup d'Etat militaire de mars 2012 , Amadou Sanogo, déjà accusé de « complicité d'enlèvement », a été inculpé de « complicité d'assassinat » en début de semaine .Incarcéré depuis fin 2013, le général Sanogo, qui a été entendu pour la première fois sur le fond du dossier, a été officiellement inculpé selon Me Tiessolo Konaré, un des avocats du chef de l'ex-junte malienne de « complicité d'assassinat ».

« Le juge d'instruction Yaya Karembé » a-t-il précisé « a longuement entendu le général Amadou Sanogo ». « Il y a désormais une nouvelle inculpation pour complicité d'assassinat dans l'affaire des militaires Bérets rouges retrouvés morts » dans des charniers près de Bamako, a confirmé un proche du juge Karembé. Selon le code pénal malien, un prévenu inculpé de « complicité d'assassinat » risque la peine de mort. Avant le coup d'Etat qui a renversé le 22 mars 2012 le régime du président Amadou Toumani Touré, Amadou Sanogo était un obscur capitaine de l'armée malienne. Il a ensuite été promu général avant de tomber en disgrâce.Depuis novembre 2013, M. Sanogo et une vingtaine de ses proches ont été inculpés et incarcérés pour « complicités d'enlèvement, enlèvement et assassinats » dans le cadre d'une enquête sur la disparition de « Bérets rouges ». Depuis début décembre 2013, près d'une trentaine de corps soupçonnés être ceux de militaires disparus ont été retrouvés dans différents charniers près de Kati, ville-garnison à 15 km de Bamako, qui fut le quartier général de Sanogo et de ses hommes.Dans les mois qui ont suivi le coup d'Etat, Sanogo et ses hommes ont été accusés de nombreuses violences à l'encontre de « Bérets rouges » ainsi que contre des hommes politiques, des journalistes et des membres de la société civile.Le coup d'Etat du 22 mars 2012 a précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes armés, incluant des rebelles touareg et des jihadistes.Les islamistes ont ensuite pris l'ascendant sur leurs alliés rebelles touareg, les évinçant des trois régions du Nord pour les occuper pendant près de 10 mois jusqu'à début 2013. Ils en ont été en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée à l'initiative de la France le 11 janvier 2013, toujours en cours.
Cette semaine plusieurs associations ont réagi positivement à la décision du juge Yaya Karembe. L'AMDH estime que c'est une avancée dans le dossier. En revanche les familles des victimes se sont dites opposées à la demande de libération de Sanogo introduit par l'avocat de ce dernier . C'est le cas d'Ismaël Fané de l'Association des parents, et amis de bérets rouges disparus :
« Concernant la liberté provisoire de Sanogo, nous laissons la décision à la justice malienne. Maintenant, en ce qui concerne Me Toureh, son avocat, il est libre de dire ce qu'il veut. Mais les gens doivent savoir que pour ce qui concerne Sanogo et son éventuelle liberté provisoire, les parents de victimes suivent pas à pas le dossier. Nous sommes prêts à réagir, mais pas dans la violence. En attendant, nous espérons que la loi existe au Mali. De toutes les façons, nous faisons confiance à la justice malienne. Il faut la laisser faire son travail. Nous ne mettons pas le feu au poudre, cela nous ne le ferons pas. Mais il faut clarifier une chose : on ne peut pas accorder la liberté provisoire à quelqu'un qui a fait disparaître 21 personnes. Cela est impossible ».