C’est parti depuis hier pour la 11ᵉ édition du festival Ogobagna. Cet événement culturel dogon vise à favoriser le dialogue culturel mais aussi la paix et la cohésion sociale entre les communautés touchées par la crise sécuritaire. Quel a été l’apport d’Ogobagna dans la réconciliation et le renforcement de la cohésion dans le centre du pays, après toutes ces années ?
Depuis plus de dix ans, le festival Ogobagna réunit des milliers de passionnés de la culture dogon. Les visiteurs découvrent les modes de vie, la gastronomie et l’histoire de cette communauté, tout en partageant ses épreuves liées à la crise. Mais au-delà de l’aspect économique, le festival peine encore à fédérer pleinement les communautés, comme le souhaitent les organisateurs.
« Nous sommes au regret de ne pas constater jusqu’à présent ce que nous souhaitons le plus, à savoir la paix », affirme Ilias Dogoloum Goro, assistant du Hogon, rencontré sur le site du festival.
Malgré ces limites, des impacts positifs sont toutefois relevés. Selon Ilias Dogoloum Goro, le festival et les initiatives portées par la communauté dogon ont contribué à la résolution de certains conflits. « Nous sommes une communauté qui a toujours vécu avec d’autres. Le président des Bozo a témoigné hier que dans le Macina, l’implication de Ginna Dogon a permis de résoudre un conflit qui opposait des communautés bozo autour des zones de pêche depuis 44 ans », a-t-il expliqué.
Délocaliser le festival dans le Centre
Pourquoi ne pas organiser le festival à Bandiagara ? S’interrogent des habitants de cette région du centre. Ils estiment qu’une telle délocalisation permettrait de mesurer l’impact réel du festival sur les populations directement concernées.
« Un festival d’envergure nationale devrait avoir un impact plus visible au niveau local. C’est un patrimoine culturel de la région, les retombées devraient donc profiter davantage à la localité », pense Aboubacar Karembé, habitant de Bandiagara.
À l’inverse, Yacouba Kouyaté estime que les bénéfices du festival profitent à la communauté dogon, quel que soit le lieu où il se tient. « On voit souvent des gens frustrés, mais une fois sur place, c’est la fête. Tout le monde se défoule », affirme-t-il.
Les acquis du festival sont nombreux, mais il serait judicieux de revoir la dynamique actuelle, pensent des organisateurs.
