Sur plusieurs sites de déplacés au Mali, l’hygiène et l’assainissement restent un défi majeur. Entre pénurie d’eau potable, latrines dégradées et infrastructures insuffisantes, les risques sanitaires persistent. De Mopti à Bankass en passant par Gao, les déplacés racontent leur quotidien, marqué à la fois par les difficultés et les avancées rendues possibles grâce à l’appui humanitaire.
L’hygiène et l’assainissement demeurent une préoccupation constante sur de nombreux sites de personnes déplacées au Mali. Le manque d’eau potable, l’insuffisance de latrines et la vétusté des installations exposent les familles déplacées à de graves risques sanitaires, malgré les efforts d’organisation communautaire.
À Mopti, des infrastructures à bout de souffle
Sur le site de Socoura, à Mopti, Fatoumata Barry et Oumar Barry, comme beaucoup d’autres déplacés, vivent avec des infrastructures d’assainissement fortement dégradées. Les latrines, construites il y a plusieurs années, ne répondent plus aux besoins croissants des ménages.
« Nos toilettes ont été construites il y a sept ans. Aujourd’hui, elles sont très abîmées. Les portes sont cassées et certaines sont même tombées », explique Fatoumata Barry. Malgré la mise en place de groupes chargés du nettoyage quotidien, la situation reste préoccupante.
Oumar Barry renchérit : « À l’origine, les toilettes étaient séparées pour les hommes, les femmes et les enfants. Mais vu leur état, cette séparation n’existe plus. » Pour lui, la vidange régulière et la reconstruction de certaines latrines sont devenues urgentes.
À Bankass, des avancées grâce à l’aide humanitaire
Si les besoins restent importants à Mopti, la situation s’est nettement améliorée à Bankass grâce à l’intervention des partenaires humanitaires. L’installation d’un château d’eau et de nouvelles latrines a permis de réduire les maladies liées à l’insalubrité.
« Avant, nous avions beaucoup de problèmes de santé à cause du manque d’hygiène. Aujourd’hui, les choses ont changé », témoigne Aly Guindo, déplacé sur le site. Selon lui, ces infrastructures essentielles ont contribué à améliorer sensiblement le cadre de vie des familles.
À Gao, préserver les acquis
À Gao, sur le site de Congo Gamo, des initiatives similaires ont été mises en œuvre pour garantir l’accès à l’eau potable et maintenir la propreté des latrines. Deux châteaux d’eau ont été installés et les déplacés se sont organisés pour assurer l’entretien des équipements.
« Nous avons de l’eau propre et nous faisons attention à l’entretien de nos récipients », confie un déplacé. Un autre souligne : « Nos latrines sont propres et nous veillons à ce qu’elles le restent. »
Malgré ces progrès enregistrés dans certaines localités, les besoins demeurent importants sur plusieurs sites de déplacés, notamment en matière d’assainissement durable. Garantir un accès continu à l’eau potable et à des latrines dignes reste un enjeu crucial pour prévenir les maladies, renforcer la résilience des communautés déplacées et préserver leur dignité.
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