Bandiagara : entre espoir et défis, des déplacés rêvent de retrouver leurs villages
Des déplacés internes d'Anakarouwa (cercle de Koro) en réunion pour préparer leur retour

Bandiagara : entre espoir et défis, des déplacés rêvent de retrouver leurs villages

Après plusieurs années loin de leurs terres à cause de l’insécurité, des habitants du village d’Anakarouwa, dans la commune de Koporo, cercle de Koro, envisagent enfin de rentrer chez eux. Une délégation de leaders communautaires s’est récemment rendue dans le village pour préparer ce retour espéré après le Ramadan. Mais entre espoir et prudence, tous les déplacés ne sont pas encore prêts à franchir le pas.

Dans la région de Bandiagara, certains déplacés commencent à envisager un retour dans leurs localités d’origine après de longues années d’absence. Le lundi 9 février 2026, des leaders communautaires du village d’Anakarouwa ont effectué une visite dans leur village qu’ils avaient quitté en 2018 à cause de l’insécurité. Cette mission avait pour objectif d’évaluer la situation sur place et de préparer un retour progressif des habitants.

Selon Ali Bolly, conseiller du village d’Anakarouwa, les discussions avec les autorités locales ont été encourageantes.

« Après avoir effectué la visite, nous sommes restés en contact permanent avec le maire et les chefs de village. Ils nous demandent de respecter notre parole et de revenir nous installer définitivement après le Ramadan. Ils souhaitent aussi que nous revenions avec toute la famille, notamment les femmes et les enfants », explique-t-il.

Des autorités locales favorables au retour

Du côté des autorités communales, la volonté d’accueillir les déplacés est également affichée.

Cheick Oumar Togo, premier adjoint au maire de la commune de Koporo-Na, assure que la communauté est prête à accompagner ce retour. Pour lui, les habitants restés sur place attendent avec impatience leurs proches partis à cause de l’insécurité.

« Ce sont nos frères et sœurs qui sont partis par crainte pour leur vie. Mais aujourd’hui, Dieu merci, la situation est apaisée et nous sommes prêts à les accueillir », affirme-t-il.

Des défis à surmonter pour se réinstaller

Malgré cet espoir, le retour ne sera pas sans difficultés. Après près de huit années d’absence, beaucoup de familles ont tout perdu. L’accès à l’eau, au logement et à la nourriture constitue l’un des principaux défis pour ces populations qui n’ont pas pu cultiver leurs terres depuis leur départ.

Pour faciliter leur réinstallation, les autorités locales envisagent plusieurs actions, notamment la réparation des puits, la réhabilitation des habitations et un appui alimentaire pour les premiers mois.

Dans d’autres régions, la prudence domine

Si certains déplacés de Bandiagara envisagent leur retour, la situation reste plus fragile dans d’autres régions du pays.

À Macina, dans la région de Ségou, de nombreuses familles vivent encore loin de leurs villages. Leur plus grand souhait reste le retour durable de la paix.

« Je souhaite retourner chez moi, même demain, si la situation se stabilise. Nous avons beaucoup de difficultés, surtout pour nous nourrir », confie un déplacé.

Dans la région de Gao, certains estiment même que les conditions ne sont pas encore réunies pour rentrer. Installé depuis janvier 2022 sur le site de Kongogamo à Gounzourèye après avoir fui N’Tillit, Alhassane Elmohamed se montre prudent face à un éventuel retour. Selon lui, les autorités doivent d’abord créer les conditions nécessaires pour garantir un retour sûr et durable des populations déplacées.

Pour ces milliers de familles contraintes de fuir leurs villages, rentrer chez elles ne signifie pas seulement retrouver une maison. C’est aussi tenter de reconstruire une vie, de reprendre leurs activités et de retrouver une stabilité perdue depuis plusieurs années.

Et pour beaucoup, ce retour tant espéré reste avant tout lié à une condition essentielle : une paix durable.

Ecoutez l’intégralité de l’émission Fabu Dirène: