L’ex-marché à bétail de Niamana, connu sous le nom de Garbal, est désormais démoli. Cette action entre dans le cadre du projet de réorganisation des parcs à bétail de Bamako. Cependant si les autorités évoquent des raisons de sécurité et d’ordre public, la décision laisse derrière elle des vendeurs partagés entre résignation, inquiétude et interrogations sur leur avenir à Zantiguila.
L’angoisse et le désespoir étaient visibles ce lundi chez les usagers de l’ex-marché à bétail de Niamana, désormais entièrement démoli. L’opération de déguerpissement a été menée par les autorités dans le cadre de la délocalisation et de la réorganisation des parcs à bétail de Bamako, une décision prise depuis le 19 septembre 2024 par le gouverneur du district pour des raisons d’ordre public.
Les anciens occupants sont désormais appelés à rejoindre le site de Zantiguila, sur la route de Ségou. Mais sur place, beaucoup expriment des réserves et réclament davantage de sécurité ainsi que des garanties pour la poursuite de leurs activités.
Sur le site démoli, les vendeurs de bétail peinent à cacher leur désarroi. L’un d’eux, visiblement affecté, reconnaît la décision des autorités tout en critiquant les conditions de mise en œuvre. « L’État est prioritaire et il le dit, c’est une question de sécurité. Nous aimons aussi le pays, donc on est obligés », confie-t-il.
Mais il déplore surtout un manque de préparation dans l’exécution de la mesure. « On n’a pas été averti en temps réel. Ils sont venus aujourd’hui, le lendemain ils ont commencé à casser les endroits. Personne n’était prêt à quitter les lieux. Les gens sont partis avec leurs animaux. Mais, à ma connaissance, personne n’est parti à Zantiguila », ajoute-t-il.
D’autres vendeurs affirment toutefois avoir été informés à l’avance, même si les avis restent partagés sur la gestion du processus. « Depuis l’année dernière, certains y ont cru, d’autres non. Ils ont respecté tout le monde et nous ont laissé le temps de récupérer nos effets sans problème », explique un autre commerçant. Ce dernier s’inquiète cependant des conditions d’installation au nouveau site. « Zantiguila est très loin et l’espace n’est pas sécurisé », déplore-t-il.
Un autre vendeur s’interroge sur la viabilité économique du déplacement. « Ils ont installé un parc à bétail à Zantiguila, qui viendra alors acheter nos bétails là-bas ? », questionne-t-il.
Malgré les inquiétudes, certains restent ouverts à une installation sur le nouveau site, à condition que la sécurité soit garantie. « Nous n’avons pas opposé de résistance, ils nous ont laissé emporter nos affaires. Maintenant nous avons peur d’aller à Zantiguila, mais si notre sécurité est assurée, on peut y aller aussi. C’est une partie du Mali », conclut un autre vendeur.
