Poisson : abondance à Gao et pénurie à Mopti
Des poissons chez une vendeuse au marché de Mopti, le 18 février 2021 📷 Studio Tamani

Poisson : abondance à Gao et pénurie à Mopti

En cette période de décrue, les marchés de Gao sont inondés de poisson, au grand bénéfice des consommateurs, mais avec des difficultés de conservation. À Mopti, en revanche, la denrée se raréfie et les prix grimpent. Un contraste qui s’explique par plusieurs facteurs.


Depuis mars, les marchés de Gao enregistrent un afflux important de poisson. Cette situation est principalement liée à la crue du fleuve, explique le directeur régional de la pêche, Mahamadou Issiaka Touré.

Mais cette abondance pose aussi problème. Les acteurs du secteur font face à des difficultés de conservation, entraînant des pertes importantes. « La conservation reste notre principal défi. Avec cette production, il y a même une mévente. Une partie du poisson invendu finit par se détériorer, faute de moyens adéquats », déplore-t-il.

Le manque d’électricité dans certaines zones complique davantage la situation, rendant l’accès à la glace difficile, pourtant indispensable pour préserver le poisson.

À Mopti, la rareté fait flamber les prix

À l’inverse, à Mopti, le poisson se fait de plus en plus rare. Pêcheurs et vendeurs constatent une baisse significative de l’offre, toutes espèces confondues.

Conséquence : les prix s’envolent. Le kilo de silure atteint désormais environ 3 500 FCFA, contre 1 250 à 1 500 FCFA l’année dernière. La carpe se vend autour de 2 000 FCFA, soit le double des prix habituels.

Selon les acteurs locaux, « l’insécurité est la principale cause de cette pénurie ». Dans plusieurs zones, les activités de pêche sont limitées, voire interdites. À cela s’ajoutent les effets de la décrue, qui rendent le poisson moins accessible, ainsi que les difficultés de conservation liées au manque de glace.

Malgré cette situation contrastée, les responsables du secteur indiquent que la production globale de poisson est en hausse cette année.

Cependant, l’état dégradé des routes complique l’acheminement du poisson frais vers Mopti et d’autres localités. Ce déficit logistique limite l’approvisionnement des marchés et accentue les inégalités entre les régions.