Une opération de libération des abords de certaines grandes artères de la capitale a été lancée ce lundi 20 avril 2026. Marchands ambulants et propriétaires de kiosques ont été contraints de quitter les lieux, sans explications officielles.
Menée conjointement par les forces de sécurité et les agents de la mairie du district de Bamako, l’opération de déguerpissement s’est déroulée dans plusieurs zones de la ville. Contactées, les autorités impliquées n’ont pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Mais déjà sur le terrain, la scène est marquée par la désolation. Plusieurs occupants de kiosques dénoncent une intervention brutale et inattendue.
« Je vends des mets traditionnels dans mon kiosque. J’ai été installée ici par l’Apej et le centre Awa Keïta dans le cadre d’un projet. Nous avons été surpris ce matin malgré l’autorisation que je possède », témoigne une vendeuse, dont le commerce a été démoli.
Pour certains, l’opération a été un véritable choc. « Je n’ai pas pu fermer l’œil à cause de cette démolition. Qu’on nous autorise au moins à occuper le trottoir », implore une autre commerçante, la voix tremblante.
À Darsalam, sur la route de Koulouba, un homme tente de sauver ce qu’il peut. Il charge les débris de son kiosque dans une moto-tricycle. « Deux agents sont venus dimanche à 15h pour me demander de libérer les lieux, sans explication. J’ai essayé de prendre mes précautions », raconte-t-il, visiblement abattu.
Malgré la résignation, l’inquiétude domine. « Personne ne veut défier l’autorité. Mais il est déjà difficile de trouver un travail stable », confie une vendeuse de pâté, larmes aux yeux. « Nous étions ici pour survivre. Aujourd’hui, nous n’avons plus d’espoir. »
Selon plusieurs témoignages, ces opérations de déguerpissement sont observées dans différents quartiers de Bamako.
