Au pays dogon, des déplacés de retour tentent de reconstruire leur vie
Des déplacés de retour à Bankass sont accueillis par les autorités locales. Photo prise le 19 avril 2026 à Bankass. Crédit photo : Studio tamani

Au pays dogon, des déplacés de retour tentent de reconstruire leur vie

Après des mois, parfois des années d’exil forcé lié à l’insécurité, des dizaines de familles déplacées commencent à regagner leurs villages dans les cercles de Bankass et Koro, au cœur du pays Dogon.

Si ces retours marquent une étape importante vers la paix et la cohésion sociale dans la région de Bandiagara, la situation humanitaire reste alarmante. Les familles reviennent sans ressources, confrontées à un manque urgent d’abris, d’eau potable et de nourriture.

« Ici, c’est chez nous »

L’émotion est forte lors des premiers retours. Pour ces familles, revenir n’est pas seulement un choix, c’est une nécessité. « Ici, c’est chez nous. Nous allons chercher des endroits où nous réinstaller dans la paix et la réconciliation, avec l’appui des autorités », confient des revenants.

La solidarité s’organise spontanément entre habitants « Nous venons du même village. Nous allons rentrer ensemble. », martèle un déplacé

Les autorités appellent à consolider la paix

Pour les responsables locaux, ce retour est un signal fort. Ayouba Goro, maire de Koulogon, y voit un symbole de réconciliation et de cohésion sociale. Il appelle les populations à s’engager durablement dans la paix « Ceux qui reviennent doivent s’inscrire dans une démarche de cohabitation pacifique. Tout le monde était heureux de les revoir. »

Mais l’urgence reste humanitaire : eau, nourriture et logement sont les besoins les plus pressants.

À Koro, les autorités locales saluent le retour des déplacés tout en alertant sur la réalité du terrain. Garibou Poudiougo, représentant du maire de Koporo-Pen, souligne que les familles arrivent sur des sites dépourvus d’infrastructures essentielles, notamment d’eau potable.

Face à cette situation, les autorités appellent à une mobilisation immédiate :

  • Ravitaillement en eau
  • Réparation urgente des pompes en panne
  • Soutien communautaire renforcé

Un retour volontaire porté par les communautés

Ce mouvement de retour est également soutenu par l’association Bamtaaré Pulaaku Mali, engagée dans la promotion du dialogue et de la paix.

Selon Idrissa Sankaré, membre de l’association, il s’agit d’une démarche volontaire, née d’une prise de conscience collective « Les communautés Dogon, Peul et autres ont compris que la confrontation ne menait nulle part. Le retour est venu d’eux-mêmes. », affirme-t-il.

Ce processus traduit une volonté commune : reconstruire le vivre-ensemble et retrouver une vie normale sur leurs terres.

Si l’accueil des populations restées sur place est chaleureux, les défis restent immenses. Ainsi donc, pour que ce retour soit durable, les familles ont besoin du soutien des autorités et des personnes de bonne volonté. Sans cela, l’espoir fragile de ce retour pourrait rapidement être compromis.

Ecoutez l’ intégralité de l’émission Fabu dirène: