Le Mali a rendu ce jeudi un dernier hommage au Général d’armée Sadio Camara, ministre de la Défense, décédé suite à l’attaque de son domicile survenue le 25 avril dernier. Au cours d’une cérémonie chargée d’émotion, collègues, camarades de promotion et frères d’armes ont salué la mémoire d’un homme décrit comme ayant « entièrement consacré sa vie à servir la patrie ». Le Premier ministre a indiqué que « son exemple sera enseigné dans toutes les écoles militaires du Mali ».
Dans une intervention poignante, le Général de brigade Alou Boï Diarra, chef d’état-major de l’armée de l’air et promotionnaire du défunt, a exprimé sa douleur : « Depuis le samedi 25 avril 2026, je n’arrive pas à expliquer à ma propre conscience pourquoi ce n’est pas moi qui suis parti à la place de Sadio. Pourquoi Allah a décidé de prendre le meilleur d’entre nous ? »
Selon lui, le défunt incarnait une vision hors du commun. « Là où d’autres voyaient des murs, Sadio traçait des chemins. Là où certains voyaient des obstacles, il ne voyait que des opportunités », a-t-il témoigné.
Le Général a également évoqué un projet porté par le défunt au ministère de la Défense : la modernisation du siège pour en faire une infrastructure adaptée aux exigences contemporaines. « En regardant les plans de ces vastes bureaux, il répétait à ses proches collaborateurs qu’il ne s’y installerait jamais », a-t-il ajouté.
Le trafic perturbé sur plusieurs axes routiers
Depuis les attaques survenues le samedi dernier, la circulation reste fortement perturbée, voire interrompue sur plusieurs axes reliant les capitales régionales à Bamako.
L’axe Yorosso–Bamako est notamment paralysé depuis deux jours en raison de la menace de groupes armés. Cette situation affecte durement les populations locales, en particulier les voyageurs et commerçants.
« Je viens d’un village proche de Yorosso. Ce matin, j’ai voulu partir à Bamako pour acheter des articles que je revends, mais on m’a dit que la circulation était impossible à cause de la présence d’hommes armés », témoigne un passager bloqué.
Il ajoute : « Cette activité est notre seule source de revenus. Tout devient de plus en plus cher à cause de cette situation. »
Face à ces difficultés, les populations appellent les autorités à agir rapidement pour sécuriser les axes routiers afin de permettre la reprise normale des activités.
