Depuis plusieurs jours, rejoindre Bamako via la route nationale 24 relève du parcours du combattant. Des bus sont immobilisés dans plusieurs localités, perturbant fortement la circulation des personnes et des marchandises.
Dans les gares routières, aussi bien à Bamako qu’à Kita, l’activité tourne au ralenti. Certaines compagnies ont suspendu leurs départs, faute de pouvoir assurer les retours.
« Nous avons pu faire partir des bus, mais le retour est devenu impossible. Depuis une semaine, nous sommes en arrêt forcé », explique un responsable de compagnie.
Sur place, l’attente s’éternise. Commerçants, familles et voyageurs occasionnels se retrouvent bloqués, souvent sans alternative.
À l’approche de la Tabaski, période clé pour les activités économiques et les retrouvailles familiales, la situation devient de plus en plus difficile à vivre.
« Mon commerce est fermé à Kéniéba depuis lundi, et la fête approche », confie un commerçant.
Une autre voyageuse déplore : « J’ai investi toutes mes économies dans des produits frais, mais ils ont pourri. »
Même inquiétude pour cette femme attendue à un mariage : « Je n’ai pas dormi. J’ai tout avec moi, mais aucun moyen de partir. »
Dans l’autre sens, à Kita, l’attente est tout aussi longue. « Cela fait plus d’une semaine que j’essaie de rejoindre Bamako », témoigne un passager.
Les autorités annoncent des avancées
Face à la situation, l’armée malienne se veut rassurante. Lors d’un point de presse ce 6 mai, la Direction de l’information et des relations publiques des armées annonce la réouverture de certains axes, notamment Ouélessebougou–Bougouni et Ségou–Bamako.
Le commandant Djibrilla Maïga explique que « l’ennemi, désorienté, n’a eu d’autre choix que de perturber les axes autour de Bamako, avec des modes d’action complexes et des infiltrations ». Il assure que « grâce à l’engagement des forces, certains axes sont désormais praticables ».
Cependant, la pression reste forte sur les routes de Kayes et Kita, devenues selon lui « l’axe d’effort des groupes armés », c’est-à-dire leur principale zone d’action.
Le commandant Maïga se veut toutefois rassurant : « des opérations sont actuellement en cours pour rendre ces axes praticables ».
En attendant, voyageurs et commerçants restent suspendus à une amélioration rapide de la situation.
