Mali : l’accès à l’eau, un défi quotidien pour les personnes déplacées internes
Un camion-citerne distribue de l'eau à Gao. Crédit photo : Studio Tamani

Mali : l’accès à l’eau, un défi quotidien pour les personnes déplacées internes

Au Mali, l’accès à l’eau potable reste une épreuve quotidienne pour des milliers de personnes déplacées internes. Entre pénurie, pannes d’installations hydrauliques et longues distances à parcourir pour s’approvisionner, de nombreux sites vivent dans des conditions précaires. Malgré ces difficultés, certaines initiatives locales et humanitaires redonnent progressivement espoir aux familles déplacées.

Après le déguerpissement des garbals de Bamako, plusieurs sites accueillant des déplacés ont été affectés. Les familles installées à Faladié se sont dispersées vers différentes zones périphériques de la capitale, notamment à Tabacoro-Mountougoula.

Selon Amadou Diallo, ancien responsable du site de Faladié, les déplacés installés dans cette zone ne rencontrent pas de difficultés majeures d’accès à l’eau.

« Après qu’on nous a demandé de quitter le site de Faladié, certains d’entre nous ont trouvé refuge dans la zone de Tabacoro-Mountougoula. Sur place, nous n’avons pas de problème d’eau, car plusieurs maisons disposent de forages. Certains habitants ont également bénéficié de forages réalisés par des ONG. Nous pouvons donc nous approvisionner en eau sans difficulté », explique-t-il.

Ces infrastructures permettent aujourd’hui à de nombreuses familles de disposer régulièrement d’eau potable.

À Socoura, la panne d’un château d’eau complique l’approvisionnement

À Socoura, près de Sévaré, dans la région de Mopti, la situation demeure préoccupante. Sur ce site de déplacés, l’un des châteaux d’eau est en panne, réduisant fortement la capacité d’approvisionnement.

Les habitants expliquent que l’eau est disponible pendant la journée, mais devient rare dès la tombée de la nuit.

« Une fois que le soleil se lève, nous avons de l’eau, mais la nuit, nous rencontrons des problèmes d’approvisionnement », témoigne une déplacée.

Une autre habitante précise « L’un des châteaux d’eau est en panne. Lorsqu’il n’y a pas de soleil, nous avons des difficultés à avoir de l’eau. »

Même si l’installation récente d’un deuxième château d’eau a permis d’améliorer partiellement la situation, les besoins restent importants.

Les déplacés demandent une réparation rapide des équipements défectueux afin de garantir un accès continu à l’eau, notamment pour les femmes, qui assurent l’essentiel de la corvée d’eau.

À Bandiagara, un forage solaire transforme le quotidien des familles

Sur le site ATTBOUGOU, à Bandiagara, des déplacés venus de six villages vivent depuis près de six ans. Pendant longtemps, l’accès à l’eau potable y a été extrêmement difficile.

La situation s’est nettement améliorée grâce à la réalisation d’un forage alimenté par des panneaux solaires, avec l’appui de donateurs.

Selon Seydou Goundo Yanogué, président des déplacés, cette infrastructure a profondément changé la vie des familles.

« Aujourd’hui, nous avons de l’eau à volonté. Nous sommes très contents de cette aide. Avant, nous étions obligés d’aller jusqu’au lycée ou dans d’autres quartiers de la ville pour chercher de l’eau. »

Le point d’eau bénéficie désormais non seulement aux déplacés, mais également à d’autres habitants de la zone.

À Gao, les femmes exposées en quête d’eau

Dans la région de Gao, les déplacés de Congo-Goma, dans la commune de Gounzourèye, font face à une baisse importante de la capacité des installations hydrauliques.

Selon Alhassane Ag Mohamed, représentant des déplacés, les deux adductions d’eau solaire mises en place avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de GREFA ne suffisent plus à couvrir les besoins des populations.

« Nous sommes obligés d’aller chercher de l’eau ailleurs. C’est très dangereux et cela expose surtout les femmes. Nous sollicitons l’appui de nos partenaires, car la situation est très précaire », alerte-t-il.

Cette situation accentue davantage la vulnérabilité des populations déjà confrontées à l’insécurité et au manque de ressources essentielles.

Des besoins humanitaires toujours urgents

Au-delà des difficultés liées à l’accès à l’eau potable, les personnes déplacées internes font également face à d’autres urgences humanitaires, notamment l’insuffisance de vivres et le manque d’assistance.

Dans plusieurs localités, les déplacés appellent les autorités, les organisations humanitaires et les bonnes volontés à renforcer leur soutien afin de répondre aux besoins les plus essentiels.

Du district de Bamako à Gao, en passant par Mopti et Bandiagara, les réalités diffèrent. Certains sites bénéficient de forages et d’installations solaires qui améliorent durablement l’accès à l’eau. D’autres restent confrontés à des pannes, à l’insuffisance des infrastructures et à l’insécurité.

Pour des milliers de familles déplacées au Mali, l’eau potable reste bien plus qu’un besoin quotidien : elle constitue une condition essentielle de dignité, de santé et de survie.

Ecoutez l’ intégralité de l’émission Fabu dirène: