Tabaski 2026 : la flambée des prix étouffe les préparatifs
Commerce improvisé de mouton à Hamdallaye ACI, photo prise le 12 mai 2026. Crédit Photo : Studio Tamani.

Tabaski 2026 : la flambée des prix étouffe les préparatifs

Alors que la fête de la Tabaski avance à grands pas, les préparatifs restent timides à Bamako, sur fond de vie chère. Le mouton, mais aussi certains produits alimentaires prisés, deviennent rares, provoquant une explosion des prix. Pour certains, cette situation est la conséquence de l’insécurité qui perturbe l’approvisionnement des marchés.

À deux semaines de la Tabaski, les moutons n’inondent pas les rues de Bamako comme les autres années. Il nous a fallu faire plusieurs tours en ville avant de tomber sur un vendeur à Hamdallaye ACI 2000.

Au bord d’une route bien animée par la circulation, accompagné de quatre autres personnes, le jeune vendeur avance quelques raisons de cette rareté des moutons. Selon lui, « faire venir les moutons des villages jusqu’à Bamako est devenu très difficile ». Il nous confie que cette année, il n’y a pas assez de moutons et que leur transport est également compliqué.

Les difficultés du transport font exploser les coûts

Le revendeur de moutons argumente en soulignant que : « L’année dernière, le coût du transport d’un mouton variait entre 1 750 et 2 000 F CFA. Mais cette année, il faut débourser jusqu’à 5 000 F CFA par tête. »

Des tarifs qui impactent l’approvisionnement des marchés à bétail improvisés à l’occasion de la fête. « Les clients viennent nombreux, mais les moutons se font rares », lance-t-il.

« Quant à mes moutons, leurs prix varient entre 170 000, 250 000, 300 000 voire 400 000 F CFA. Ils proviennent de M’Pessoba, dans la région de Koutiala », conclut le vendeur.

Des moutons hors de portée pour de nombreuses familles

De nombreux chefs de famille témoignent de la cherté des moutons, même si certains ont déjà réussi à s’en procurer. C’est le cas de Brehima Keita, résident à Djicoroni Para.

« Un mouton coûte très cher aujourd’hui, mais j’espère que cette situation est temporaire », souhaite monsieur Keita. Il affirme avoir acheté son bélier de Tabaski à 160 000 F CFA et que les préparatifs de la fête vont bon train de son côté. « J’ai quand même fait plusieurs va-et-vient avant de trouver le mouton », ajoute le chef de famille.

Le panier de la ménagère durement touché

À côté, on constate une hausse des prix de certains produits alimentaires tels que l’oignon ou encore le poisson importé. Une situation que déplorent commerçants et consommateurs, à l’instar de cette vendeuse de poisson sous son hangar au marché de Djicoroni para « Les poissons sont chers maintenant parce qu’il n’y a pas assez d’approvisionnement. Ils pourrissent aussi. Ils proviennent de Mopti. J’achète le capitaine à 3 000 F pour revendre à 3 500 F. On achetait le carton de tilapia à 15 000 F, mais il est cédé maintenant à 21 000 F », explique-t-elle.

Une situation que regrette également cette ménagère croisée au même marché : « Le kilo d’oignon est vendu à 500 F alors qu’il était à 300 F. L’échalote aussi a grimpé. »

Des produits importés de plus en plus introuvables

Par ailleurs, certains produits laitiers importés sont aussi en rupture, selon des détaillants. Chez ce boutiquier à Hamdallaye, leur place est désormais vide dans le réfrigérateur.

« Le lait appelé Ardo et Dolima, on en vendait. Mais récemment, ceux qui nous fournissent nous ont dit qu’il y a une pénurie », souligne le boutiquier.

En attendant, des citoyens misent sur une reprise normale du trafic sur les axes routiers. Leur seul espoir pour une baisse du coût de certains produits.