« La justice ne peut pas tout régler seule », alerte le procureur Touré
Tribunal de grande instance CIV. Crédit photo : Studio Tamani

« La justice ne peut pas tout régler seule », alerte le procureur Touré

À Bamako, la première session ordinaire de la Chambre criminelle du Tribunal de Grande Instance de la Commune IV s’est ouverte ce mardi 19 mai. Au total, huit affaires impliquant douze accusés détenus seront examinées durant cette session.

Les dossiers concernent notamment des faits d’assassinat, de meurtre, de viol, de pédophilie, de vol qualifié et de séquestration. À l’ouverture des travaux, le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de la Commune IV, Idrissa Hamidou Touré, a dressé un constat préoccupant sur l’évolution de certaines formes de criminalité.

Selon lui, la multiplication des enlèvements et des séquestrations reflète un affaiblissement progressif des mécanismes de régulation sociale. « Tout le monde a démissionné et a laissé la régulation sociale à la seule justice », a-t-il regretté.

Le procureur estime également que l’éducation familiale et socioculturelle « n’est plus ce qu’elle était ». Une situation qui favoriserait, selon lui, l’oisiveté, le manque de débouchés professionnels ainsi que la hausse des petits vols et des placements sous mandat de dépôt.

Idrissa Hamidou Touré souligne que les vols du quotidien ont des conséquences immédiates sur les victimes. « Le vol d’une moto Jakarta, par exemple, a un impact direct sur la victime », explique-t-il, ajoutant que beaucoup de justiciables attendent avant tout de voir « leur voleur en prison ».

D’après le procureur, les affaires de vol représenteraient près de 75 % des mandats de dépôt enregistrés dans cette juridiction. Face à cette situation, il appelle chaque acteur ; familles, éducateurs, autorités et citoyens à assumer pleinement son rôle afin de contribuer au redressement du pays.