Mali : Deux journalistes écroués en 24 heures, la Maison de presse hausse le ton
Deux des trois invités du grand dialogue du 17 janvier 2020. Crédit photo Studio Tamani

Mali : Deux journalistes écroués en 24 heures, la Maison de presse hausse le ton

Entre le 8 et le 9 juin 2026, deux directeurs de publication ont été placés sous mandat de dépôt par le pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Une situation qui suscite de vives réactions au sein des organisations professionnelles des médias. Dans un communiqué, la Maison de la presse et plusieurs organisations professionnelles des médias ont exprimé leur « incompréhension » et leur « profonde préoccupation ».

Ce mardi 9 juin, le journaliste Abdramane Keïta, directeur de publication du journal Le Témoin, a été placé sous mandat de dépôt. Il est poursuivi pour un présumé délit à caractère régionaliste et pour atteinte à l’unité nationale.

Cette décision intervient moins de vingt-quatre heures après l’incarcération de Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire 22 Septembre. Celui-ci est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ».

Les deux dossiers sont traités par le pôle national de lutte contre la cybercriminalité.

La maison de la presse préoccupée

Dans un communiqué, la Maison de la presse et les organisations professionnelles des médias dénoncent la situation. Selon elles, cette décision porte atteinte à l’image de la justice, de la presse et du Mali, quelques jours après la tenue du Forum panafricain des médias.

Elles estiment que cette affaire envoie un signal préoccupant à la profession et risque d’affaiblir les efforts en faveur de la liberté de la presse.

« La Maison de la presse invite les acteurs des médias à rester mobilisés en vue des actions futures qui seront entreprises contre cette atteinte flagrante et grave à la liberté d’opinion et de presse », tel est l’appel lancé par la Maison de la presse aux acteurs des médias en conclusion de son communiqué.