Journée de l’enfant africain : les défenseurs des droits de l’enfant réclament des actions concrètes
Des enfants qui jouent dans une rue à Kèla, région de Kita, le 02-novembre 2022 📷 Studio Tamani/Fondation Hirondelle

Journée de l’enfant africain : les défenseurs des droits de l’enfant réclament des actions concrètes

À l’occasion de la Journée de l’enfant africain, célébrée ce 16 juin, les défenseurs des droits de l’enfant au Mali ont lancé un appel à l’action. La Coalition malienne pour les droits des enfants (COMADE), avec l’appui de l’UNICEF, a présenté à la presse 134 recommandations formulées par le Comité des droits de l’enfant des Nations unies pour améliorer les conditions de vie des enfants dans le pays.

Pour la COMADE, l’enjeu aujourd’hui n’est plus seulement de connaître ces recommandations, mais surtout de les appliquer dans les familles, les écoles, les communautés et les politiques publiques.

Selon son représentant, Nouhoum Koné, ces mesures touchent à plusieurs préoccupations majeures : la protection contre les violences, l’accès à la justice, la lutte contre certaines pratiques traditionnelles néfastes, mais aussi les conséquences des conflits armés sur les enfants.

Parmi les recommandations jugées prioritaires figure l’interdiction sans exception de la peine de mort pour les personnes qui étaient mineures au moment des faits qui leur sont reprochés. Le Comité appelle également les autorités à s’attaquer aux causes profondes de la mortalité infantile, notamment la pauvreté, les inégalités et les difficultés d’accès aux services sociaux de base.

La question du mariage des enfants est également mise en avant. La COMADE invite l’État malien à réviser le Code des personnes et de la famille afin de fixer à 18 ans l’âge minimum légal du mariage pour les filles comme pour les garçons. L’organisation insiste aussi sur la nécessité d’améliorer l’accès à une éducation inclusive et de qualité, particulièrement pour les filles.

Cet appel intervient dans un contexte où de nombreux enfants continuent d’être affectés par l’insécurité. Dans plusieurs localités des régions de Mopti et de Bandiagara, des familles déplacées arrivent encore pour fuir les violences. Parmi elles figurent de nombreux enfants dont la scolarité, la santé et le bien-être sont fragilisés par les déplacements et la précarité.

Pour les acteurs de la protection de l’enfance, la Journée de l’enfant africain est ainsi l’occasion de rappeler que derrière les recommandations et les engagements se trouvent des milliers d’enfants dont les droits restent à garantir au quotidien.