Les longues files de véhicules persistent autour du bac fluvial de Bafoulabé. Malgré la mise en service d’un second bac, des milliers de voyageurs et de transporteurs restent bloqués sur les rives de Tintila et de Babaroto. Au-delà des pertes économiques, les professionnels de santé alertent sur les risques sanitaires et environnementaux liés à cette forte affluence.
Les files de camions continuent de s’allonger de part et d’autre du fleuve. Pour les transporteurs, l’attente menace directement les marchandises périssables.
« Les véhicules qui arrivent aujourd’hui doivent attendre jusqu’à demain pour traverser. Je transporte du poisson et des poulets de chair. Ce sont des produits périssables », témoigne Boubacar Sidibé, transporteur.
Même inquiétude pour Vieux Sissoko : « Les files sont vraiment longues. Nous demandons qu’une priorité soit accordée aux camions transportant des denrées périssables, sinon nos marchandises vont se détériorer. »
Des risques pour la santé et l’environnement
Cette concentration inhabituelle de véhicules et de personnes préoccupe également les services de santé. Le président de la commission de veille et médecin-chef du district sanitaire de Bafoulabé, Dr Issouf Coulibaly, appelle à renforcer les mesures d’hygiène.
« Nos eaux, nos enfants et notre environnement sont aujourd’hui menacés. Il y a énormément de monde sur le site. Il faut renforcer les mesures sanitaires », alerte-t-il.
Le médecin précise que des médicaments contre les maladies respiratoires et les diarrhées sont disponibles et distribués sur le site de Tintila en cas de besoin. Il indique également que des démarches sont en cours auprès de l’UNICEF pour obtenir des toilettes mobiles.
« La situation est difficile, notamment avec la présence de nombreuses femmes et d’enfants », souligne-t-il.
Selon les autorités locales, cet engorgement est principalement dû à la dégradation de la route Bamako-Kayes. En attendant sa réhabilitation, le bac de Bafoulabé demeure le principal point de passage entre les deux régions, entraînant un trafic exceptionnel et des conditions d’attente de plus en plus difficiles.
