Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme annonce des mesures fermes contre les réseaux d’exploitation sexuelle de mineurs au Mali. Dans un communiqué publié le 29 juillet, il promet de poursuivre les auteurs de ces pratiques. Cette réaction intervient alors qu’une campagne de dénonciation de présumés réseaux de proxénétisme prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux.
Selon le ministère, des groupes criminels opéreraient notamment sur les réseaux sociaux, où ils recruteraient des victimes, parfois mineures. Celles-ci seraient ensuite exploitées à des fins d’exploitation sexuelle, de production de contenus pédopornographiques et d’autres activités illicites.
Le département qualifie ces pratiques d’« immorales et malsaines » et estime qu’elles sont contraires aux valeurs sociétales du Mali. Il rappelle qu’elles constituent de graves infractions prévues et réprimées par le Code pénal. Le communiqué souligne également que la diffusion, le partage ou le commentaire de contenus de cette nature sur les réseaux sociaux peuvent relever de la cybercriminalité.
Un appel à la vigilance
Le ministère appelle les parents, les éducateurs, les propriétaires d’immeubles, les gérants d’établissements et l’ensemble des citoyens à renforcer la protection des enfants.
Il les invite aussi à signaler tout fait suspect aux autorités compétentes.
L’APDP met en garde contre la diffusion de données personnelles
Depuis le lancement de cette campagne de dénonciation, de nombreux internautes publient sur les réseaux sociaux des photos, des noms et d’autres informations présentées comme étant celles de membres présumés de réseaux de proxénétisme.
Cette pratique pourrait toutefois exposer ses auteurs à des poursuites judiciaires, prévient Ismaila Traoré, directeur de la communication de l’agence de protection des données à caractère personnel (APDP).
Selon lui, la lutte contre ce phénomène ne justifie pas la diffusion de données personnelles sur les réseaux sociaux.
« On ne se fait pas justice soi-même. Avoir une page et publier les informations des uns et des autres sans leur consentement constitue une violation grave de la vie privée », affirme-t-il.
Il rappelle que même les personnes soupçonnées d’être impliquées dans ces réseaux conservent leur droit à la protection de leurs données à caractère personnel.
« Jusqu’à cinq ans de prison »
Le responsable de l’APDP souligne que la loi nᵒ 2013-015 du 21 mai 2013, portant création de l’agence, interdit tout traitement ou toute diffusion de données personnelles sans le consentement de la personne concernée, sauf dans les cas prévus par la loi.
« Les personnes qui s’adonnent à ces pratiques s’exposent à des amendes allant de 5 à 20 millions de FCFA. Avec le nouveau Code pénal, elles encourent également des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans », avertit Ismaila Traoré.
