Banques de céréales : des réserves qui soulagent les ménages
Des greniers à Bankass, novembre 2025. Crédit photo : studio tamani

Banques de céréales : des réserves qui soulagent les ménages

Chaque année, la période de soudure met les familles rurales à rude épreuve. Les réserves alimentaires diminuent progressivement, tandis que les nouvelles récoltes se font attendre. Dans ce contexte, les banques de céréales jouent un rôle déterminant. Elles permettent aux populations d’acheter des denrées à des prix souvent plus abordables que sur le marché et limitent les risques de pénurie.

À Bandiagara, les commerçants constatent une baisse des stocks de certaines céréales. Malgré cela, les prix restent relativement stables.

« Les stocks sont insuffisants, mais les prix n’ont pas augmenté », explique le commerçant Ottus Guindo. Selon lui, le sac de riz parfumé est passé de 21 000 à 20 000 FCFA, tandis que le riz Gambiaga est vendu à 22 000 FCFA.

Une situation qui rassure les consommateurs pour le moment, même si les commerçants redoutent un épuisement des réserves avant les prochaines récoltes.

À Pélou, l’insécurité freine le réapprovisionnement

Dans la commune de Pélou, la réalité est bien différente. Les banques de céréales ne fonctionnent plus faute de stocks.

Selon Brehima Tembely, président de la Chambre régionale d’agriculture de Bandiagara, l’insécurité a empêché les gestionnaires de renouveler les réserves après les récoltes. Autrefois, ces banques permettaient pourtant aux habitants de se procurer des céréales à des prix inférieurs à ceux du marché pendant toute la période de soudure.

Aujourd’hui, leur arrêt fragilise davantage les ménages déjà confrontés aux difficultés d’accès à l’alimentation.

À Diré, des réserves encore suffisantes

Dans le cercle de Diré, la situation est plus encourageante. Les banques de céréales restent bien approvisionnées.

Pour Oumar Amadou Cissé, président de la coopérative agricole de Saouné, les bonnes récoltes enregistrées lors de la dernière campagne, combinées à une baisse des exportations de céréales cette année, ont permis de conserver d’importantes quantités de stocks dans les coopératives, les magasins et les boutiques. Cette disponibilité offre une plus grande marge de manœuvre aux populations pour traverser la période de soudure.

Les réalités observées à Bandiagara, Pélou et Diré montrent que les banques de céréales restent un maillon essentiel de la sécurité alimentaire au Mali. Leur efficacité dépend toutefois de plusieurs facteurs : la stabilité sécuritaire, le niveau des productions agricoles, la capacité à renouveler les stocks et la qualité de leur gestion.

Ecoutez l’ intégralité de l’émission Fabu dirène: