Mali : face aux blocus, des villages négocient avec les groupes armés
Bankass, le 1er Avril 2024. Crédit photo : Studio Tamani

Mali : face aux blocus, des villages négocient avec les groupes armés

Face à l’absence de l’administration dans certaines zones, des villages concluent des accords avec des groupes armés, parfois pour pouvoir simplement survivre et accéder à leurs terres. Le gouvernement malien rejette ces arrangements locaux. Des experts des questions sécuritaires, eux, appellent à privilégier des solutions adaptées aux réalités du terrain, plutôt qu’à rejeter systématiquement ces accords.

Dans le cercle de Koro, plusieurs villages ont conclu des accords locaux avec des hommes armés selon des sources locales. Pour un habitant, qui a requis l’anonymat, ces arrangements constituent une réponse à une situation devenue difficilement supportable.

« On était privé de toutes activités. Or ici est une zone de culture. On ne pouvait plus voyager. On n’a pas eu d’autre choix, que d’aller à l’accord. Après l’accord, il n’y a jamais eu de coups de fusil. Et les gens vaquent à leurs affaires. »

Selon lui, ces accords ont permis aux populations de reprendre certaines de leurs activités et de circuler à nouveau dans la zone.

Pourtant,le gouvernement malien s’oppose formellement à ces accords conclus avec les groupes armés. Cette position a encore été réaffirmée la semaine dernière par le ministre de la réconciliation nationale.

Les experts plaident pour une réponse adaptée au terrain

Face à cette position, certains spécialistes des questions sécuritaires appellent à éviter une approche uniforme. Mohamed Abdellahi ElKhalil, chercheur indépendant spécialiste des questions sécuritaires, estime que la réponse doit tenir compte des réalités propres à chaque zone.

« A mon avis la solution ne réside ni dans un rejet pur et simple ni dans une acceptation. Elle exige une stratégie sur mesure, alignant la fermeté sur les principes et la flexibilité sur le terrain. En plaçant protection et écoute des populations au cœur de l’action. »

Pour le chercheur, l’enjeu est donc de trouver un équilibre entre le respect des principes de l’État et la nécessité de protéger les populations confrontées aux contraintes imposées par les groupes armés.

Entre survie locale et souveraineté de l’État

Le débat oppose ainsi deux impératifs. Permettre aux populations de retrouver rapidement une vie normale et préserver l’autorité de l’État sur les territoires concernés.

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