Deux nouvelles structures pour réformer le secteur des médias au Mali
Vue sur la Maison de la presse le 01 septembre 2026. Crédit photo : Studio Tamani

Deux nouvelles structures pour réformer le secteur des médias au Mali

Le secteur des médias au Mali franchit une nouvelle étape dans son processus de réforme. Le président de la Maison de la presse a officialisé, le 28 août, la création de deux structures destinées à renforcer l’encadrement de la profession. Une commission ad hoc chargée de relire la convention collective des journalistes et une cellule de préfiguration du futur organe d’autorégulation des médias, la CPOAM.

Ces deux structures doivent notamment permettre d’adapter les textes aux réalités actuelles du terrain.

Elles doivent également contribuer à améliorer les conditions de travail des journalistes et à renforcer la responsabilité au sein de la profession.

Relecture de la convention collective

La relecture de la convention collective doit prendre en compte les réalités vécues aussi bien par les patrons de presse que par les journalistes. L’enjeu est notamment de veiller à une meilleure application des dispositions prévues et de clarifier les responsabilités en cas de manquement.

Pour Kadiatou Sanogo, journaliste au média en ligne Maliweb, cette réforme est très attendue. Elle estime qu’une convention mieux adaptée pourrait contribuer à améliorer les conditions de travail et à responsabiliser davantage les professionnels.

« Nous attendons beaucoup de la relecture de la convention, pour que les conditions de travail puissent s’améliorer », explique-t-elle. Selon elle, le dispositif pourrait également permettre de rappeler à l’ordre les professionnels en cas de faute et de favoriser la correction des comportements au sein de la profession.

La journaliste insiste ainsi sur l’importance d’un mécanisme permettant à la profession de veiller elle-même au respect de ses règles et de rappeler ses membres à leurs responsabilités.

Les journalistes espèrent de meilleures conditions de travail

Sur le terrain, l’initiative suscite également des attentes, particulièrement chez les jeunes journalistes confrontés à des conditions d’exercice souvent difficiles.

Pour Mahamadou Touré, journaliste au journal Le Guido, la décision constitue une avancée si elle permet de mieux protéger les droits des professionnels.

« C’est une décision salutaire, surtout si ça permet aux jeunes journalistes d’être dans leur droit. D’avoir ne serait-ce qu’un minimum de salaire par mois, je pense que la décision est bonne », affirme-t-il.

Au-delà des questions salariales, il estime que la régulation du secteur est devenue nécessaire pour préserver la profession. « Si toutefois ils arrivent à réguler le secteur, le journalisme est un métier très noble. On voit que le secteur ne nourrit plus son homme », déplore-t-il.

Son témoignage met en évidence l’une des principales attentes liées à la révision de la convention collective : faire en sorte que les droits sociaux et professionnels des journalistes soient davantage respectés.

Vers un nouvel organe d’autorégulation des médias

Parallèlement à la relecture de la convention collective, la Maison de la presse a également mis en place une cellule de préfiguration du futur organe d’autorégulation des médias, la CPOAM.

Cette initiative vise à poser les bases de ce futur organe et à renforcer la responsabilisation des acteurs du secteur des médias.

La mise en place de ces deux structures ouvre ainsi un nouveau chantier pour les médias au Mali. Reste désormais à voir comment cette commission traduira les annonces en mesures concrètes.