Vacances sans répit pour des enfants déplacés internes
Arrivée des personnes déplacées de Zouéra à Goundam. Image prise le 12 août 2026. Crédit photo Studio Tamani

Vacances sans répit pour des enfants déplacés internes

À Sévaré, Mopti et Bandiagara, les vacances scolaires n’ont pas tout à fait le même goût pour les enfants déplacés internes. Pendant que d’autres profitent de quelques semaines de repos, certains passent leurs journées à chercher de l’eau, faire le ménage, accompagner leurs parents au travail ou exercer de petits métiers. Pour eux, les vacances riment davantage avec débrouille qu’avec détente.

Depuis le début des vacances, les journées de nombreux enfants déplacés internes sont bien remplies. À Sévaré et Mopti, certains sillonnent les quartiers pour effectuer des travaux domestiques ou aider leurs familles à subvenir à leurs besoins.

« Pendant les vacances, nous partons laver les ustensiles, nettoyer les lieux, chercher de l’eau et faire le ménage dans la ville de Mopti et à Sévaré », témoigne un enfant.

Ces activités, parfois rémunérées, permettent aux enfants de rester occupés, mais aussi, pour certaines familles, de compléter des revenus devenus insuffisants depuis leur déplacement.

Entre apprentissage et petits métiers

Toutes les familles ne renoncent toutefois pas aux activités éducatives. Certains parents profitent des vacances pour permettre à leurs enfants de poursuivre leur apprentissage ou de découvrir un métier.

Dans certaines familles, les enfants fréquentent l’école coranique, tandis que d’autres rejoignent des ateliers pour apprendre un savoir-faire.

« Pendant les vacances, mon enfant apprend à lire le Coran. Vers 10 heures, il part à l’atelier de couture et, vers 16 heures, il retourne à la maison. Cela permet de l’occuper et je ne me lasse pas de l’encourager », explique un parent.

Pour ces familles, l’objectif est de ne pas laisser les enfants sans activité tout au long des vacances, tout en leur donnant des compétences qui pourraient leur être utiles à l’avenir.

À Bandiagara, les enfants contribuent aux revenus du ménage

À Bandiagara, la réalité est parfois encore plus difficile. Dans certains ménages déplacés, les enfants participent directement aux activités qui permettent à la famille de gagner un peu d’argent.

Une mère déplacée de Goro raconte que ses enfants ramassent de l’herbe pour la vendre.

« Mes enfants partent cueillir de l’herbe pour vendre. Parfois, ils peuvent gagner 500 F, 300 F ou 400 F », raconte-t-elle.

Cette mère regrette cependant l’absence, cette année, de cours de vacances. L’an dernier, ses enfants avaient pu bénéficier pendant un mois de cours organisés avec la Fondation Tantana. Une activité qui leur permettait de continuer à apprendre tout en restant dans un cadre encadré.

Le poids du déplacement

Pour le sociologue Ali Diallo, occuper les enfants pendant les vacances reste important. Mais le contexte des familles déplacées internes rend la situation beaucoup plus complexe.

« Occuper les enfants, c’est bien, parce qu’on ne va pas les laisser se balader comme ça », explique-t-il.

Selon lui, le déplacement contraint les familles à s’adapter rapidement à leur nouvel environnement et à saisir les opportunités qui se présentent.

« Quand tu quittes chez toi pour aller ailleurs, ce n’est pas facile. Tu es obligé de faire tout ce que tu trouves », souligne Ali Diallo.

Dans cette réalité, les enfants se retrouvent parfois eux aussi au cœur des stratégies de survie des ménages.

Si les activités permettent aux enfants de rester occupés ou d’aider leurs familles, les acteurs de la protection de l’enfance rappellent que les vacances devraient également être un temps de repos, de jeu et d’apprentissage, dans un environnement sûr.

À Sévaré, Mopti et Bandiagara, les familles déplacées tentent donc de composer avec une équation difficile : répondre aux besoins essentiels du ménage sans sacrifier le bien-être et l’avenir des enfants.

Ecoutez l’intégralité de l’émission Fabu Dirène: