L’opération d’immatriculation des engins à deux roues se poursuit dans plusieurs localités du Mali. Dans les zones reculées, la mesure se heurte toutefois à une difficulté. L’interdiction de circuler avec les motos de 125 cm³ et plus au-delà des grandes agglomérations. Pour les propriétaires concernés, rejoindre les centres d’enregistrement devient un véritable casse-tête.
À Ansongo, certains propriétaires d’engins à deux roues affirment ne pas savoir comment faire immatriculer leurs véhicules alors qu’ils ne peuvent pas circuler avec.
La situation est particulièrement compliquée pour les conducteurs de tricycles. L’un d’eux, qui préfère garder l’anonymat, explique que la peur rend tout déplacement particulièrement risqué.
« On a beaucoup de difficultés. Et on nous a demandé de ne même pas toucher aux tricycles parce que si on les touche, il y a des drones qui survolent les lieux et visent directement les tricycles. Et voilà, avec ça on ne voit pas comment amener le tricycle pour l’immatriculation », témoigne-t-il.
Des centres d’immatriculation plus proches pour les zones reculées
Pour le Dr Jean-François Marie Camara, enseignant-chercheur en science politique, l’immatriculation des engins reste nécessaire, notamment pour renforcer le contrôle et la sécurité. Mais, selon lui, son application doit tenir compte des réalités des populations vivant loin des centres urbains.
Il estime que les autorités déconcentrées de l’État peuvent jouer un rôle dans la recherche de solutions adaptées aux populations.
« Dans les régions, le gouvernement est déjà présent à travers des autorités déconcentrées. On parle d’abord de gouverneur, le préfet, les sous-préfets. Ces représentants du gouvernement doivent instaurer un dialogue avec la population », souligne le spécialiste.
Le Dr Jean-François Marie Camara propose notamment de rapprocher les services d’immatriculation des usagers afin de leur éviter les déplacements. Il évoque la possibilité de multiplier les sites d’enregistrement ou de permettre aux propriétaires de s’inscrire auprès de représentants locaux.
« Ils peuvent dire par exemple de multiplier les sites. Ils peuvent aller s’enregistrer chez le chef de quartier ou multiplier d’autres sites permettant de ne pas se déplacer pour aller dans les grandes villes », suggère-t-il.
Pour lui, un tel dispositif permettrait de concilier les impératifs de sécurité avec les contraintes auxquelles sont confrontées les populations des zones reculées.
Une mesure destinée à renforcer le contrôle des engins
Pour les autorités, l’opération d’immatriculation des motos et autres engins à deux roues répond avant tout à un objectif sécuritaire.
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Elle doit permettre de mieux identifier et tracer les véhicules, mais aussi de perturber les circuits d’approvisionnement des groupes armés. Les autorités estiment également que cette mesure peut faciliter le travail des Forces de défense et de sécurité dans leurs opérations de contrôle.
