Mali : le défi du retour en classe persiste dans certaines zones
Gao, le 1er‎ ‎juin‎ ‎2022 📷 Studio Tamani/Fondation Hirondelle

Mali : le défi du retour en classe persiste dans certaines zones

Au Mali, l’insécurité continue de perturber la scolarité de milliers d’enfants. Au Sud, au Centre et au Nord du pays, plusieurs centaines d’écoles restent fermées, malgré les efforts engagés pour permettre leur réouverture. À l’occasion de la Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques, célébrée ce 9 septembre, des acteurs locaux appellent à renforcer les initiatives pour ramener les élèves en classe.

Dans plusieurs localités du Centre et du Sud, l’impact de la crise sécuritaire sur le système éducatif reste très marqué. À Banamba, Fatiné ou encore Bankass, des établissements ont dû fermer leurs portes en raison de l’insécurité, contraignant des familles à déplacer leurs enfants vers d’autres localités pour leur permettre de poursuivre leur scolarité.

À Fatiné, dans la région de Ségou, une autorité communale témoigne : « Après la session de juin 2024 du DEF, des hommes armés ont envahi la commune de Fatiné. Jusqu’à présent, les cours sont suspendus. Chacun amène son enfant chez un parent dans une autre localité pour étudier. »

À Bankass, plus d’une centaine d’écoles ne seraient pas fonctionnelles, selon Sakaibou Talibo, du conseil à l’orientation du CAP de Bankass. Pour lui, « il faut mener des négociations » afin de favoriser la reprise des cours.

À Banamba, 46 écoles sont également fermées. Une situation que les responsables scolaires locaux attribuent notamment au contexte sécuritaire.

Des réouvertures au Nord

Dans les régions du Nord, notamment à Goundam et Gao, des établissements ont également été affectés par l’insécurité. Mais des efforts conjoints des autorités éducatives et des communautés ont permis la réouverture de certaines écoles.

À Goundam, Amadou Abdoulaye Touré, directeur du Centre d’animation pédagogique, évoque encore 49 écoles fermées, notamment en raison du déplacement de villages vers les grandes agglomérations.

À Gao, la réouverture se fait progressivement. Selon Lassana Koumaré, directeur de l’Académie d’enseignement de Gao, cinq écoles qui avaient été déplacées l’année dernière ont pu retrouver leurs sites d’origine et rouvrir leurs portes, grâce aux efforts de l’État et à l’accompagnement de certains partenaires.

Les acteurs interpellent les autorités

Si la réouverture de certaines écoles constitue une avancée, le défi reste important. Les acteurs de l’éducation et les élus locaux appellent l’État et les partenaires humanitaires à poursuivre leurs efforts afin de consolider les acquis. Ce qui permettra à davantage d’enfants de retrouver le chemin de l’école et de garantir la continuité de leur éducation, malgré le contexte sécuritaire.

Lire aussi : Alphabétisation au Mali : des centres à l’arrêt à cause de l’insécurité